‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 160 sur 480 · Appendix p. 2723 sqq · texte numérisé non relu

Appendix p. 2723 sqq

don des péchés même chez les enfants1 (can. 3); on y releva les propositions donnant une fausse explication de la grâce d'illumination pour l'esprit et d'affermissement pour la volonté (can. 4, 5); on insista sur l'absolue nécessité de la grâce (can. 6) et on combattit enfin la prétention d'une impeccabilité possible à l'homme (can. 7,8, 9).

Dans le courant de la même année (418), Zosime condamna l'erreur pélagienne dans son epistola tractoria* qu'il demanda aux évêques de souscrire. Ceux qui refusèrent, au nombre de 17 seulement, parmi lesquels Julien d'Eclane, furent déposés et exilés d'Italie. L'empereur ne pressa pas moins les évêques d'Occident de répudier cette hérésie.

Quelques-uns des évêques exilés s'étaient rendus en Orient et à Constantinople chez Xestorius. Le pape Gélestin dans une lettre à Xestorius lui exprima sonétonnement que celui-ci les eût reçus. Le troisième concile général d'Ephèse (431) ne se contenta donc pas d'anathématiser Nestorius? il renouvela, dans le canon 4e et 5e de la Ve session, la condamnation des Pélagiens et approuva, dans une lettre écrite au pape Célestin, la peine de la déposition prononcée contre les évêques pélagiens. Le pape répondit à son tour au synode qu'il confirmait les décrets portés contre les Pélagiens.

Controverses semipélagiennes dans le sud de la Gaule. Saint Prosper et saint Fulgence. — Synode d'Orange 529

Des théologiens du sud de la Gaule donnèrent la première impulsion à cette prétendue doctrine intermédiaire entre

1. Canon 2 : Item placuit, ut quicunque parvulos rccenter ab uteris matrum baptizandos negat, aut dicit in rcmissionem quidem peccatorum eos baptizari, sed nihil ex Adam trabere originalis peccati, quod lavacro regenerationis expietur, unde sit eonsequcns, ut in eis forma baptismatis in rcmissionem peccatorum non vera, sed falsa jntelligatur, a. s.

■1. Fragments cbez Àug. Ep. 190.

l'Augustinisme et le Pélagianisnie, que l'on appela plus tard semipélagianisme. Déjà au temps de saint Augustin saint Prosper d'Aquitaine et Hilaire avaient mentionné leurs doctrines et leurs protestations contre renseignement de saint Augustin sur la grâce. Peu de temps après sans doute saint Cassien1 de Marseille publia ses « entretiens spirituels » (colla tiones) en 24 livres. Le 13e parut aussi suspect à saint Prosper que les explications orales des autres théologiens semipélagiens. Cassien se garde de méconnaître le caractère absolument hétérodoxe du Pélagianisme, il l'appelle même une opinion profane \ et tient Pelage pour le père du Nestorianisme3. D'un autre côté, il voit dans la doctrine de saint Augustin sur la grâce, en particulier dans ses propositions sur la nécessité de la grâce antécédente et de la liberté de Dieu dans la prédestination, une tendance excessive qui exagérait l'enseignement de l'Eglise et dont l'application à la vie morale compromettait l'effort de l'homme vers la vertu et la perfection. Elève de 'saint Chrysostome et théologien familier avec les écrits des Pères grecs, Cassien pouvait bien en arriver facilement à ces conclusions. Après avoir consacré ses 12 premiers livres à la description de la vie monastique considérée surtout dans sa forme extérieure (De instituas Coenobiorum), il s'étudie dans ses « collationes » à montrer l'esprit de la vie religieuse. Pour cela, il emploie la forme dialoguée et suppose une conversation entre lui et son ami Germain d'un côté et des moines égyptiens de l'autre. Le 13e dialogue roule sur la grâce. C'est intentionnellement que Cassien lui donna le titre, cependant atténué « De la protection de Dieu » (De proteetione Dei). De l'aveu même de saint Prosper, son adversaire, Cassien s'exprime parfois avec une grande précision, quand parlant, par exemple, de la nécessité de la grâce antécédente, il dit4 : « Il ressort de là clairement que non

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