‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 164 sur 480 · Resp. ad object. 2. — 2. Vinc. Lerin. Comm. c · texte numérisé non relu

Resp. ad object. 2. — 2. Vinc. Lerin. Comm. c

3. Ils sont reproduits dans la Bibl. Max. Lugd. VIII, 165 et suiv. et attribués à Prosper. Quesnel dans son édition des ouvrages de Léon les attribue à ce dernier, quelques-uns les attribuent à d'autres auteurs.

et animalis) . Cette dernière lui sert à acquérir une certaine vertu et justice naturelles qui ne lui méritent qu'une récompense temporelle; elles ne relèvent, en effet, ni de la foi, ni d'une intention sanctifiée par la foi. ou dirigée vers Dieu. C'est dans ce sens qu'en soi une telle vertu est défectueuse et peccamineuse 4.Mais si d'un côté cette vertu mérite une récompense temporelle, elle ne peut pas être en même temps un péché. Si l'auteur le prétend comme saint Augustin, c'est qu'il suppose que, sans la foi, toute vertu n'est qu'apparente et n'a aucune relation avec Dieu. Les Pères ne se demandaient pas si elle ne pouvait se rapporter à Dieu en tant qu'il est connu par la raison et ils sous-entendaient toujours, comme nous l'avons dit, que dans les circonstances présentes toutes les actions humaines doivent être rapportées à Dieu comme à leur fin surnaturelle.

Dans la doctrine de la prédestination, notre auteur anonyme touche à un point de la plus haute importance. D'une part il affirme la volonté qu'a Dieu de nous sauver tous, voilà pourquoi il nous donne la grâce suffisante ; d'autre part il admet que les prédestinés reçoivent une grâce spéciale, que Dieu distribue librement et d'après ses desseins impénétrables. L'auteur essaie de justifier sa première proposition même pour le cas où Dieu refuse le baptême aux enfants 2. Il rappelle, à cette occasion, les grâces que Dieu a départies aux différentes nations à un degré suffisant pour que la foi et le christianisme puissent s'établir au milieu d'elles. Dieu a ainsi suffisamment pourvu au salut de tous les enfants ; d'après l'ordre général de la Providence, leur

1. De vocat. omnium gentium I, 4 : In hac (voluntate animali} humana etiam ingénia, si corporeae voluptati non turpiter serviant et cupiditates suas justitiae atque honestatis legibus tempèrent, nihil supra mercedem gloriae temporalis aequirunt. Etcum praesenlem vitam decenterexornent, aeternae tamen beatitudinis praemium non habent, quia rectas actiones et bona studia sua, non ad ejus laudem atque honorcm referunt, a quo acceprrunt, ut in ipsa animal! discretione sublimius sapèrent et excellentius ceteris enitcscerent. Cf. c. 7: Sine cultu onim veri Dei, etiam quod virtus videtur, peccatum est, nec placere ullus Deo sine Deo potest.

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