‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 165 sur 480 · Ibid. II, 20 sqq · texte numérisé non relu

Ibid. II, 20 sqq

baptême dépend seulement de la volonté des parents1. A maintes reprises aussi l'auteur reconnaît encore expressément l'existence de la grâce spéciale, qui donne aux prédestinés l'avantage sur les autres hommes 2.

Les efforts de saint Prosper ne réussirent pas encore à éteindre le semipélagianisme. Il avait son foyer principal dans le monastère de Lérins. C'est de là que sortit Fauste, abbé de ce monastère depuis 434 et évêque de Riez depuis 462. Le semipélagianisme chercha de maintes façons à trouver sa justification dans une prétendue influence nuisible de la doctrine de la prédestination défigurée à dessein et transformée en un faux prédestinatianisme. Quelques-uns adoptèrent même ouvertement cette opinion extrême, parmi lesquels on remarque le prêtre Lucidus, qui dut rétracter ses erreurs dans un synode tenu à Arles sous la présidence de l'évêque du lieu, Léonce 3. Les Pères de l'assemblée chargèrent Fauste, qui était présent, de réfuter plus directement les erreurs de Lucidus, le caractère restreint qu'il attribuait à la rédemption, la prédestination au péché, etc.. Fauste composa donc un ouvrage en deux livres4 De la liberté de Dieu et de la liberté de l'homme. Il y parla en faveur des Semipélagiens. Il reconnaît la « gratta praecedens », mais

1. Ibid. c. 23 : Non irreligiose arbitror credi, neque inconvenienter intelligi, quod isti paucorum dierum hommes ad illam pertincant gratiae partem, quae semper universis est impensa nationibus : quau tique si bene eornm uterentur parentes, etiam ipsi per eosdem juvarentur. Omnium namque exordia parvulorum totaque illa principia necdum rationalis infantiae, sub arbitrio jacent voluntatis alienae, nec ullo modo eis nisi per alios consuli potest, et consequens est, illos ad eorum pertinere consortium, quorum vel recto vel pravo aguntur afïectu.

2. Ibid. c. 25 : Fuerunt enim ac sunt hujusmodi dona ita generalia, ut per ipsorum testimonia ad quaerendum verum Deum possent homines adjuvari : quibus donis auctorem suum per omnia saecula protestantibus, specialis gratiae largitas superfusa est. Cf. c. 31 : Adjiciendo autem : maxime fidelium : ostendit esse partem generis humani, quae merito fidei divinitus inspiratae ad summam salutem specialibus benefîciis provehatur.

3. La rétractation est contenue dans la lettre adressée aux évoques de la Gaule, et reproduite dans la Bibl. Max. VIII, 525.

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