‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 170 sur 480 · Ibid. c. 18. — 4. Reproduits dans l'append. p · texte numérisé non relu

Ibid. c. 18. — 4. Reproduits dans l'append. p

5. Canon 5 : Si quis sicut augmentum, ita etiam initium lidei, ipsumque credulitatis alïectum, quo in eum credimus qui justificat impium, et ad regenerationem sacri baptismatis pervenimus, non per gratiae donum, id est, per inspirationem Spiritus sancti corrigentem voluntalera nostram ab infidelitate ad fidem, ab impietate ad pietatem, sed naturaliter nobis inesse dicit : apostolicis dogmatibus adversarius approbatur, etc.

tuellement empruntées à saint Augustin ou à saint Prosper. Le chapitre 22e en particulier1, est de nature à nous surprendre ; il est pris de saint Prosper (Sent. 323) et de saint Augustin (tract. 5 in Joan. 1). A s'en tenir à la lettre, on pourrait y trouver l'erreur de Baïus, à savoir que l'homme livré à ses seules forces ne peut que pécher. Cependant il n'y est pas dit de la justice et de la vérité qu'elles n'appartiennent qu'à l'ordre surnaturel et qu'elles font défaut dans tous les sens à la nature ; il est affirmé seulement que toute vérité et toute justice naturelle ou surnaturelle viennent de Dieu, car en dehors de lui, il n'y a que péché et mensonge.

On comprend beaucoup mieux les paroles du concile, comme, au reste, beaucoup de sentences semblables d'Augustin, de Prosper et de Fulgence, si on les applique non à ce que l'homme peut, abandonné à ses forces naturelles, mais à ce qu'en fait il réalise dans l'ordre moral actuel. Tous les hommes sont appelés à une félicité naturelle, tous doivent d'après une opinion vraisemblable rapporter à cette lin leurs actions morales, car ils reçoivent pour cela la grâce nécessaire ; mais dès lors toutes les actions sont à cause de la grâce ou surnaturellement bonnes ou mauvaises et peccamineuses ; elles sont même mauvaises par le fait seul que le caractère surnaturellement bon leur fait défaut2.

Dans la profession de foi, qui fait suite aux 25 chapitres, la doctrine de la prédestination n'est pas plus définitivement précisée, sinon qu'on y condamne la prédestination divine au mal et au péché.

Les actes du synode furent signés par les évêques présents et par les notables laïques qui s'y trouvaient et envoyés au pape, pour les lui faire approuver. L'approbation fut con-

1. Nemo habetde suo, nisi mendacium et peccatum. Si quid autom habet homo veritatis atque justitiae, ab illo fonte est, quem dcbemus sitire in hac cromo, ut ex oo quasi guttis quibusdam inrorati non doficiamus in via .

2. Cf. Kleutgon, Théologie des temps passés II, 23;> et suiv.

signée, l'année suivante, dans une lettre1 de Boniface II à Césaire, dans laquelle le pape insiste encore sur ce principe, que tout bien véritable doit avoir son principe et son commencement dans la foi et dès lors dans la grâce du Christ. Mais des opinions que plusieurs veulent à tort, attribuer à saint Augustin, à savoir l'existence d'une grâce irrésistiblement nécessitante, la destruction de la liberté humaine, le caractère limité de la rédemption il est naturellement aussi peu fait mention dans les dernières questions traitées.

N ature de la grâce sanctifiante d'après quelques autres Pères grecs postérieurs

Pour saisir, dans leur principe même, les différences multiples des enseignements donnés sur la grâce, il n'y a qu'à s'arrêter à la question de la grâce sanctifiante, qui est le point culminant, le couronnement radieux de toutes les grâces. L'accord des opinions reste parfait, si nous nous représentons bien sous quel aspect divers les Pères, qui ont précédé ou suivi saint Augustin, l'ont considérée. Il nous suffira d'étudier en détail quelques-uns de ces derniers.

1 . Saint Cyrille d'Alexandrie fut en partie un contemporain de saint Augustin, bien que son action, sa lutte contre le Nestorianisme se soit exercée immédiatement après. C'est peutêtre de tous les Pères celui qui définit de la manière la plus précise les rapports de l'âme avec Dieu. Il fut, en effet, amené par son point de vue à déterminer les rapports de l'union hypostatique dans le Christ avec la grâce sanctifiante en nous comme ceux de la naissance éternelle du Logos du sein de son Père avec la régénération du chrétien dans le sein de Dieu. « Il est incontestable, dit-il8, que nous avons été créés, mais celui-là (le Fils de Dieu)

Page 1