Aug. De civ. Dei XXI
2. Ibid. XXI, 16: Purgatorias autem poenas nullas futuras, opinetur, nisi ante illud ultimum tremendunque judicium. Cf. XXI, 13. C. Jul. VI, 15, 45.
3. De civ. Dei XXI, 26, 4 : Erit ctiam in fine saeculi tribulatio tempore Antichristi, qualis numquam antea fuit. Quam multa erunt tune aedificia, sive aurea, sine foenea super optimum fundamentum quod est Christus Jésus, ut ignis ille probet utraque et de aliis gaudium, de aliis inférât darnnum, neutros tamen perdat in quibus haec inveniet, propter stabile fundamentum.
4. Cites. Ardai. Hom. 8. (Bibl. max. VIII, 826 sq.) : Illo enim transitorio igné de quo dixit Apostolus : Ipse autem salvus erit, sic tamen quasi per ignem : non capitalia sed minuta peccata purgantur... Quibus (se. minutis) peccatis, licet occidi animam non credamus : tamen ita eam velut quibusdam pustulis et quasi horrenda scabie repente deformem faciunt, ut eam ad amplexus illius caelestis sponsi, aut vix, aut cum grandi contusions venire permittant.
Ecriture elle-même (Matth. 12, 32. Ep. aux Cor. 3, 12-15) *.
III. La croyance de la primitive Eglise au purgatoire s'exprima toujours par l'usage universellement admis déjà au temps des Apôtres, d'offrir des sacrifices et des prières pour les morts. L'une suppose l'autre nécessairement et l'on peut logiquement conclure de celui-ci à celle-là.
1. Saint Cyrille de Jérusalem est un des plus éminents témoins de la tradition de l'Eglise et des usages observés immédiatement après le Concile de Nicée. Son témoignage sur la coutume de prier pour les morts à la solennité de la sainte Eucharistie peut être invoqué comme une preuve de valeur pour les temps anténicéens. Cyrille fait en effet remonter cette coutume jusqu'au temps des Apôtres. Cette preuve est d'autant plus forte qu 'elle se fortifie du témoignage des liturgies et des autres parties de l'Eglise, qui en constatent la réalité. Il convient de remarquer qu'à cette époque, la liturgie était placée sous la surveillance immédiate de Tévêque, qui en appliquait les rubriques, qu'elle était l'élément le plus important du culte et que dès lors elle ne pouvait laisser introduire des innovations jconsidérables. Or, saint Cyrille s'exprime ainsi dans sa 23e Catéchèse (5e mystagogique) au sujet des prières pour les morts2: « Nous faisons aussi mention des défunts, d'abord des patriarches, des prophètes, des Apôtres et des martyrs, afin que, par leur intercession, Dieu écoute favorablement notre prière ; nous prions ensuite pour les saints Pères et les évêques, pour tous ceux enfin qui sont déjàjmorts, parce que nous croyons que les âmes de ceux pour qui nous prions reçoivent le bénéfice de nos prières sublimes et de nos sacrifices salutaires. » Et il justifie de la manière ^suivante cette coutume : « Je veux vous convaincre de la vérité de mes paroles par un exemple. J'en entends en effet beaucoup qui disent : Mais à quoi bon prier pour ces âmes, qu'elles aient quitté la terre avec ou sans le péché ? Quand un roi envoie en exil ceux qui l'ont offensé, si les parents de ces malheu-
i. Greg. M. Dial. IV, 39. — 2. Cyr, Hier. c. c. 9. 10.
reux se présentent pour offrir des couronnes au roi, pensezvous que celui-ci ne diminuera pas la peine des premiers? De môme nous prions Dieu pour les défunts. Sans doute, nous ne lui tressons pas des couronnes, nous lui présentons Jésus-Christ, qui a été immolé pour nos péchés et par lui nous supplions le Dieu de miséricorde et pour eux et pour nous ».
Les prières annuelles et les sacrifices pour les défunts, dont Tertullien1 fait déjà mention, nous sont attestées aussi par Grégoire de Nazianze. Il dit dans l'oraison funèbre de son frère Gésaire que ses descendants ne lui resteraient pas redevables de cette dette (rxç St hovg rt^âç ts y.ù yanutaçy et il termine par une prière pour son frère.
Quelques-uns parlent d'un sacrifice offert pour le défunt le troisième ou le septième3, le trentième ou le quarantième4 jour; d'autres5 parlent indifféremment de tous ces jours ; mais tous témoignent de l'usage admis de la prière pour les morts6. Saint Chrysostome7 en particulier demande en plus des sacrifices, des prières, des aumônes et d'en appliquer les mérites aux défunts. Ces mérites doivent même être d'autant plus grands qu'ils sont cédés à d'autres et nous valent l'intercession reconnaissante de nos obligés.
Ce ne fut que vers la fin du ive siècle qu'il s'éleva une protestation contre cet usage et cet enseignement de l'Eglise. Saint Epiphane nous montre dans sa réponse à ces attaques que cet enseignement remonte à Jésus-Christ et cette coutume aux Apôtres. L'hérésiarque Aërius, qui avait condamné la préséance des évêques sur les prêtres, prétendit encore que les prières pour les morts étaient contraires à la morale, parce que les riches pouvaient bien s'assurer par leurs aumônes et leurs dispositions testamentaires des amis, des intercesseurs, des prières et des sacrifices après
1. De corona mil. c. 3. — 2. Greg. Naz. Orat. 7, 17. Cf. Cass. Coll. II, 5.