Ambr. Or. de fide resurrec
4. Ephrem. Testam. chez Assem. B. 0. I, 143. Ambr. De obit. Theod. 3.
5. Const. Apost. VIII, 42. — 6. Ambr. De excessu Satyr. I, 80. 7. In Acta hom. 21, 4 (Migne LX, 169 sq.).
leur mort et échapper ainsi aux châtiments mérités par leurs fautes1. Cet usage est d'ordinaire intimement lié à une vertu chrétienne. C'est à la fois un témoignage de la croyance en la vie future, un acte de charité fraternelle qui poursuit nos frères jusqu'après la tombe et une espérance en Dieu, dont la miséricorde les sauvera. « Nos prières, ajoute saint Epiphane2, sont utiles aux trépassés, quoi qu'elles n'éteignent pas toutes leurs dettes, de même qu'il est bon qu'on nous rappelle souvent sur terre soit volontairement soit involontairement ce qu'est la perfection, bien que nous ne puissions pas l'atteindre absolument». L'usage de nommer au saint Sacrifice ceux qui sont justes à côté de ceux qui ont besoin de notre intervension, n'est pas contraire au respect dû à Dieu, car, fait observer saint Epiphane, « au fond du cœur nous ne pensons jamais comparer Dieu à quelque mortel que ce soit, quoique la justification centuple la gloire des élus ».
Mais la plus forte preuve non seulement de la haute valeur morale de cette coutume, mais même de son institution divine, c'est pour Epiphane le témoignage universel de la tradition de l'Eglise qui a dû rester aussi inviolable que la parole de Dieu écrite. La révélation de Dieu le Père, le Fils et le Saint-Esprit nous est transmise aussi bien par voie orale que par écrit et c'est la charge de l'Eglise, notre mère, de conserver la première aussi intacte que les livres inspirés4.
Saint Augustin réfute encore mieux l'objection d'Aërius: il a l'occasion de revenir souvent, dans ses écrits, à cette question de la prière pour les morts. Il fait remarquer en particulier, que ces prières ne servent pas plus à ceux qui furent absolument mauvais qu'elles ne sont utiles à ceux qui sont justifiés; pour qu'elles leur servent après leur