‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 18 sur 480 · De trio. VI · texte numérisé non relu

De trio. VI

telligence spirituelle, est cependant plus parfait que la matière et les objets de la perception sensible. Aussi bien de cette perception relève la lumière matérielle du soleil et des astres ; l'âme au contraire, jusqu'au principe de la vie sensitive chez les moucherons ne peut être saisie que par l'intelligence et, par suite, doit dériver à plus forte raison, comme quelque chose de plus parfait, du dieu bon.

Les Manichéens voudraient-ils opposer, que, d'après cet argument, le péché et le mal sont eux-mêmes plus parfaits que la création matérielle, parce que les premiers (l'injustice, l'intempérance, etc. ) ne peuvent être connus à leur tour que par l'intelligence1 ? La réponse était encore prête. Le mal n'est en soi rien de réel, mais seulement une dépravation dans une bonne substance ; sans doute,. il n'est connu que par l'intelligence, mais de telle sorte que le bien qui reste encore dans la substance est compris et comparé avec le bien qui devrait s'y trouver. C'est de la même manière que nous ne percevons pas les ténèbres, comme quelque chose de réel, mais seulement comme ce qui reste encore de la lumière, ou même comme rien absolument si toute la lumière a disparu.

Notre saint docteur combattait même non seulement l'erreur manichéenne d'une âme bonne et d'une mauvaise, mais encore et surtout, il admettait l'unité de l'âme chez l'homme et repoussait la coexistence d'un principe animal de vie pour les actions inférieures des sens avec un esprit raisonnable et d'essence différente.

Une seule âme est le principe de toutes les activités. C'est elle qui donne au corps humain sa forme 2 ; c'est elle qui doit servir au corps même de principe de vie végétative et lui assurer l'existence 3. Sans aucune obscurité, saint Augustin

Page 1