In epist. ad Philipp. nom. III, 4 (Mig?ie LXII
rapporte à la liturgie dite de saint Jacques que le patriarche Proclus introduisit à Constantinople dès le vc siècle comme étant celle de l'église de Jérusalem. Il est à remarquer cependant que ailleurs saint Cyrille ne la désigne pas sous ce nom. Il n'y aurait rien d'invraisemblable à ce que la liturgie de l'église de Jérusalem ait reçu au ive siècle quelques additions et même cette appellation. Nous y lisons les prières pour les vivants avant la consécration1 : « Prions pour toutes les âmes troublées, opprimées, qui ont besoin de la miséricorde et du secours de Dieu, pour la conversion des égarés, pour la santé des faibles, pour la délivrance des prisonniers, pour nos pères et nos frères, qui sont déjà morts, afin qu'ils reposent en paix ». Les Constitutions apostoliques, qui d'après l'opinion de Cotelier datent d'avant saint Epiphane, mais qui dans leur forme actuelle portent des traces d'un remaniement du commencement du ve siècle, bien qu'elle se disent l'œuvre de saint Clément 2, contiennent, elles aussi, une liturgie, où3 la prière pour les morts ne fait pas non plus défaut. Ailleurs on y indique une formule de prières plus longue pour les défunts 4.
Pendant la célébration du saint Sacrifice on lisait même les noms de quelques vivants et de quelques délunts pour lesquels on voulait prier en particulier. Ces noms étaient inscrits dans les diptyques (§£g nrvaaeiv : = bis plicare). Saint Cyprien 5 signale le premier cet usage dans l'Eglise d'Afrique. Saint Jérôme dit que c'était le rôle du diacre de faire cette lecture du haut de l'ambon6. On remarque encore cette coutume au xie siècle dans l'église romaine 7. Les liturgies indiquent expressément quand les diptyques devaient être lus. L'église romaine [a conservé le double mémento au commencement du canon et après la consécration,
4. Voir Binterim, Denkw. IV, II, 170. — 2. Cf. Canon. Apost. 86. 3. Cf. VIII, 13. — 4. Ibid. c. 43.