‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 185 sur 480 · Cf. Northcote, les Catacombes romaines, page 193 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. Northcote, les Catacombes romaines, page 193 et suiv

pensaient comme ceux des bemps anténLcéens que la fin du monde étail proche. Les causes de ce pressentiment pouvaient bien être la tyrannie païenne exercée sur les chrétiens cl aussi la fausse interprétation de quelques passages de la sainte Ecriture. Saint Cyrille de Jérusalem a en vue un texte de Daniel (7), et il pense que la fin du monde arrivera avec la dissolution de l'empire romain. Les signes extraordinaires qui doivent se produire ont surtout rapport, dit-il dans sa 15e Catéchèse, à l'apparition de l'Antéchrist. En ce temps-là, pense-t-il, il doit y avoir dix rois qui régneront sur les différentes provinces de l'empire romain. L'Antéchrist sera le onzième; il viendra pour humilier et anéantir trois des premiers et soumettre à son autorité les sept autres. Il conserver;) d'abord une vertu apparente et il saura, par des prodiges faux et magiques, se créer des partisans parmi les Juifs qui attendent encore la venue du Messie. Mais ensuite il déploiera toute sa malice, persécutera les chrétiens et régnera trois ans et demi. Après cette période de tyrannie, le Seigneur apparaîtra de nouveau sur les nues pour tuer ^Antéchrist et le condamner à son tour au feu éternel. Dans La douleur que lui causent les persécutions faites à l'Eglise, saint Athanase voit l'Antéchrist dans l'arien Constance1.

Saint Augustin, lui, pense qu'on doit s'abstenir de faire des hypothèses2 pour rechercher quand l'Antéchrist apparaîtra, si ce sera à la fin du Ier millénaire ou avant ; ce qu'il y a de sûr, c'est que l'Eglise se sera auparavant répandue parmi toutes les nations3. Il applique aussi à l'Antéchrist le passage de saint Paul aux Thessaloniciens (II, 2,1 et suiv.), mais ne sait pas lui donner un interprétation sûre ; il ne peut dire s'il se fera adorer comme Dieu et dans quel temps4, bien qu'il lui assigne, lui aussi, un royaume de trois ans et demi"'. 11 rappelle l'opinion soutenue par un grand nombre, que l'Apôtre avait voulu désigner par l'Antéchrist l'empereur Néron et que celui-ci reviendrait à la fin des

1. Athan. Hist. Arian. c. 74. — 2. Aug. De civ. Dei XVIII, 53. 3. Ibid. XX, 14. — 4. Ibid. XX, 19. — 5. Ibid. XX, 13.

temps. Sa certitude sur l'apparition de l'Antéchrist et sur la persécution la plus effroyable qu'aura à subir l'Eglise à la fin des temps est si grande qu'il dit qu'aucun chrétien n'en doute1. Saint Jean Damascène explique ainsi le passage de saint Paul (II, Thess. 2, 3 — 11) : l'Antéchrist se fera adorer comme Dieu dans le temple des Juifs. Ce doit être un fils adultérin, élevé en secret, qui s'emparera furtivement du pouvoir. Il simulera d'abord la vertu et la sainteté, puis persécutera l'Eglise et manifestera toute sa malice. Enoch et Elie reviendront pour engager le peuple israélite à embrasser la foi chrétienne, mais ces deux prophètes seront tués. Le Seigneur apparaîtra alors dans sa gloire et sa magnificence et il anéantira l'Antéchrist du souffle de sa bouche2. C'était une opinion très* répandue dans la primitive Eglise, — saint Jérôme3 yfait allusion, — que celle qui promettait la réapparition du Christ dans une nuit de Pâques, de même que sa résurrection avait eu lieu dans cette nuit ; cette opinion s'expliquait par la solennité extraordinaire de la vigile de Pâques. A ce deuxième avènement du Seigneur se rattache, d'après l'enseignement biblique, la résurrection des morts.

II. Le dogme de la résurrection de la chair forme un article spécial du symbole des Apôtres. Il a fait l'objet de multiples traités de la part des Pères qui le défendirent contre les attaques des incrédules et il était surtout profondément implanté dans la foi populaire, parce qu'il offrait une espérance dans la mort, une consolation dans les persécutions, le plus puissant stimulant pour la pratique de la morale et de la vertu4 ; un couronnement à la doctrine sur l'immortalité del'âme et sur le jugement dans l'autre vie. Presque aucun Père n'a négligé d'en parler. Ce qui nous occupe maintenant, c'est l'enseignement théologique du dogme. Il faut examiner si des précisions ont été données sur le point

1. Ibid: XVIII, 52, 2. — 2. Jo. Damasc. De orth. fide IV, 26.

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