De anima et resurr. (Migne XLVI
gardent en germe leur pouvoir de servir à reconstituer le corps ressuscité, qui leur sera rendu au dernier jour. Origène établissait déjà cette thèse avant le concile de Nicée1. Grégoire de Nysse nous découvre encore de plus lointains horizons et il indique, d'une manière plus précise, quelles relations conserve l'âme avec ce grain qui repose en terre. Il admet avec raison que l'âme garde une certaine adaptation à ce corps, en retient l'idée, car il lui servit d'instrument et de partie essentielle sur la terre. A la fin des temps, elle attirera donc de nouveau à elle des parties matérielles, les transformera en son propre corps immortel et ainsi imprimera en lui une ressemblance définitive avec elle-même. « L'âme a une inclination naturelle et pressante à l'union avec le corps, dans lequel elle a eu sa demeure, il lui reste de son union avec son corps inclination et connaissance alors que de par la nature certains signes font que tout n'est pas .confusément mélangé dans l'ordre général des choses, mais que tout au contraire, recherche et retrouve ce qui lui est propre. Puis donc que l'âme attire naturellement à elle-même le corps qui est né avec elle et lui appartient, la toute-puissance divine aurait même de la peine à empêcher la réunion d'éléments qui se recherchent par une tendance intime et naturelle. Qu'après la séparation il reste dans l'âme des vestiges du corps, c'est ce que nous révèlent les paroles du mauvais riche qui reconnut Lazare (Luc. 16, 24)... Celui-ci avait gardé quelque chose de son corps, qui put le faire ainsi reconnaître. Il n'est même pas du tout déraisonnable de croire qu'à la résurrection, les corps seront dégagés de la matière commune et n'auront conservé que leurs propriétés originelles. On peut facilement s'en convaincre en observant de plus près notre nature. Notre corps, en effet, n'est pas soumis à un mouvement, à une transformation continus. On ne pourrait même jamais saisir notre nature, si elle n'avait rien de fixe et d'immuable. Notre corps change parce qu'il croît et se débi-