‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 190 sur 480 · Greg. Nyss. De hom. opif. c. 27 {Migne XLIV, 225 sq · texte numérisé non relu

Greg. Nyss. De hom. opif. c. 27 {Migne XLIV, 225 sq

lite, et il revêt les ans comme de nouveaux habits. Mais l'idée, la forme de notre corps reste la même et ne perd

jamais ses caractères distinctifs Voilà pourquoi ce qui,

dans notre corps, change et se meut, ne fait pas l'objet des aspirations de notre âme, mais seulement ce qui demeure sans varier. Or, les différentes espèces du tempérament opèrent la diversité de forme du corps humain. Et parce que les tempéraments ne sont pas autre chose que le mélange des éléments primitifs, qui composent toutes choses et le corps humain lui-même, il résulte que ces éléments ne doivent pas être inconnus de l'âme, sur laquelle leur forme a été, pour ainsi dire, empreinte comme un sceau s'imprime sur la cire. Et quand toutes choses seront rétablies au dernier jour, l'âme rappellera à elle les éléments qui correspondront à la forme première de son corps. Ce sont bien ceux, au reste, qui lui conviendront le mieux, puisqu'ils ont été, depuis le commencement spécialement créés pour elle1». Les molécules de l'argent fondu restent bien distinctes, ajoute saint Grégoire, le corps de l'homme est bien identique au fœtus dans ses traits essentiels, et pourtant toutes les parties matérielles constitutives ne sont pas restées les mêmes après la croissance. Une certaine quantité du cadavre rentrera dans le domaine matériel des substances potentielles et l'âme retrouvera, au dernier jour, la cicatrice, sur laquelle doit s'exercer, au moment de la rénovation des choses opérées par la toute-puissance divine, son activité formatrice. Elle se façonnera un corps nouveau, immortel et accommodé à son état céleste, ou du moins, elle coopérera à ce travail de transformation. C'est bien là assurément l'application exacte de la doctrine de l'Eglise. Mais il faut entendre l'identité de forme qui doit, d'après les paroles de saint Grégoire, être rendue ànotre corps ressuscité, non seulement comme une identité extérieure, apparente et visible, mais portant réellement sur la structure entière du corps. Dans un autre passage, saint Grégoire ne prétend

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