De anima et eius origine I, c 14 sqq. Ep
2. Cf. page 45 et suiv. — 3. Aug. Dj Gen. ad. litt. XII, 6, 15.
Getto faculté forme donc pour ainsi dire le trait d'union, le médium entre la perception sensible et la raison (ratio, sire mens, sîve intellectus) qui constitue la supériorité propre de l'homme sur tous les êtres de la nature visible. Son imagination en effet représente à nouveau les objets de la perception, pour les conduire à la raison, qui les analyse et les transforme en notions intellectuelles1. Avec l'intelligence, l'âme saisit l'immatériel, l'éternel, la vérité et arrive de <ette façon à la certitude. C'est ainsi que se distinguent essentiellement les visions simplement perçues par l'imagination, comme celle du roi Balthasar de Babylone (Dan. v. 5), de celles qui sont en même temps comprises et font l'objet d'une prophétie proprement dite.
Il faut juger de la même manière la valeur et la perfection de l'extase. Celle pendant laquelle l'âme humaine se meut dans les images et schèmes de l'imagination est loin d'être la plus parfaite alors même qu'elle serait occasionnée par une inspiration divine. La plus parfaite est, au contraire, celle pendant laquelle l'âme est élevée avec ses plus hautes facultés intellectuelles dans un domaine plus sublime et inondée d'une lumière divine qui lui permet de voir non plus les images des objets concrets et sensibles, mais les vérités éternelles elles-mêmes.
11 distingue de la même façon la mémoire qui retient les impressions sensibles de celle qui conserve les vérités une fois comprises ; l'une est sensible, l'autre est intellectuelle2.
"2. Comme la perception sensible, la convoitise des sens est commune à l'homme et aux animaux, mais avec cette différence que chez l'homme l'âme raisonnable en est le support, même lorsqu'elle cède volontairement à ses exigences ou bien qu'elle accepte coupablement l'esclavage de la chair. Quoique d'après les paroles de l'Apôtre (Gai. 5, 17) « les convoitises de la chair soient opposées à celles de l'esprit, et celles de l'esprit à celles de la chair », il n'y a cependant pas