Aug. Conf. X, 25, 36. De Gen. ad lit. XII
deux âmes dans l'homme, une seule âme y est le principe de la convoitise de la chair et de celle de l'esprit. La première n'est ainsi nommée que parce que l'âme la ressent dans la chair et parce qu'elle est opposée à la convoitise spirituelle qui ne repose que dans Fesprit et se sert du corps comme d'un organe pour l'obtention de ses fins plus élevées1. La convoitise peut, en général, être aussi appelée volonté, mais la volonté qui caractérise l'homme en tant que tel, c'est la volonté libre. Elle n'est pas semblable à celle des animaux qui obéit nécessairement aux impressions des sens ; elle dépend au contraire de la raison, l'on obéit ou l'on résiste d'après une libre élection et sans aucune nécessité intrinsèque ou extrinsèque. La volonté a de commun avec la convoitise la propension nécessaire vers le bien, c'est-à-dire vers la conservation ou l'obtention d'un bien. La liberté caractérise toutefois la volonté, et cette liberté consiste dans l'indépendance de toute contrainte du dedans ou du dehors % puis dans le pouvoir de choisir entre les objets; ceci se manifeste en particulier dans le péché qui ne peut être vraiment regardé comme une iaute que si on pouvait faire le contraire ; voilà précisément pourquoi la doctrine des Manichéens sur le péché est impossible, car elle détruit la liberté. L'idée du péché, telle qu'elle s'impose nécessairement à nos esprits, renferme un double élément : l'opposition à la loi de Dieu et l'adhésion de notre volonté libre à cette révolte \ De même que le péché, la punition qui en est la suite inévitable et la damnation requièrent pareillement et supposent la libre production de l'acte délictueux et pour cela la liberté de la volonté 4.