‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 215 sur 480 · Vita S. Sabae,n. 90. — 3. H. E. IV · texte numérisé non relu

Vita S. Sabae,n. 90. — 3. H. E. IV

4. Ni la chronique de Victor de Tununum, contemporain de Justinien et défenseur des Trois-Chapitres, ni la chronographie de Théophane (f 820), sur lesquelles s'appuie Vincenzi (IV, 316 sqq.) pour contester la véracité de Cyrille et d'Evagre, ne fournissent une preuve décisive. Théophane considère le patriarche Eustochius comme un ennemi des Origénistes. Cyrille ne se contredit pas en nous le montrant plus tard déposé et remplacé par Macaire, qu'on élève de nouveau au patriarcat. Vincenzi en conclut que Cyrille est intentionnellement un falsificateur des actes du V"

LES CONTROVERSES ORIGÉNISTES 301

Il est même probable, sans qu'on puisse l'affirmer avec certitude1, qu'Origène fut compris parmi les hérétiques condamnés par le 11e canon du Ve concile général. Le codex des actes du concile qui se trouve dans les archives romaines porte, à l'endroit indiqué, le nom d'Origène. Cet anathème fut lu publiquement au concile de Latran (649) et renouvelé dans le 18e canon avec l'anathème contre Evagre et Didyme. Le VIe concile œcuménique (680) fit de même dans sa 18e session ; il prononça le même anathème, dit-il, qu'au Ve concile2, bien que sur un autre point il déterminât la nécessité de laire une enquête critique sur les actes du concile précédent. L'empereur Constantin, dans l'édit qui fit suite au VIe concile et le pape Léon II, dans sa lettre à Constantin, supposent toujours la condamnation d'Origène. Les Pères du VIIe concile œcuménique (787) renouvellent l'anathème contre lui dans la 7e session3 et ceux du VIIe concile (869) dans la 8e et dernière4.

Peu importe donc qu'on puisse douter encore si, en réalité, Origène a été condamné au Ve concile œcuménique, le jugement de l'Eglise universelle sur les points particuliers de sa doctrine, telle qu'elle est extraite au moins des écrits qui ont cours sous le nom d'Origène, notamment du Périarchon, est aussi catégorique et décisif que celui qu'elle a porté sur les apologies d'Origène, entreprises par Evagre et

concile général. Héfélé propose une hypothèse bien plus acceptable ^Histoire des Concile*, II (2* édit., 862), qu'il appuie sur Victor de Tununum (éd. Mommsen, Monum, Germ. auct. ant. XI, 203 ad a. 553) : Eutyçhès, patriarche de Constantinople, publia les 15 anathématismes en même t '-m ps que les actes du Ve Concile œcuménique, en sorte que Cyrille fut amené à penser, que ces anathèmes émanaient de ce môme concile.

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