De Gen. ad litt. X
2. De duabus anim. c, 10, § 14 : Voluntas est animi motus, cogente nullo, adaliquidvel non amittendum vel adipiscendum.
3. Ibid. c. 11,| 13: Ergo peccatum est voluntas retinendi vel consequendi quod justitia vetat et unde liberum est abstinere. Quamquam si liberum non sit, non est voluntas.
4. Aug. De duabus anim. c. 12, § 17: Quamobrem illae animae quidquid faciunt, si natura, non voluntate faciunt, id est: si libero et ad faciendum
Notre propre conscience nous convainc avec une évidence irréfutable qu'au fait nous réfléchissons souvent avant nos actes pour savoir si nous choisirons1 ceux-ci plutôt que ceuxlà, et qu'après l'action nous éprouvons du remords, si notre choix a été injuste et coupable. C'est précisément et tout à la fois la preuve que nous avons conscience que nous pouvions choisir autrement"2.
Le pardon des péchés par les mérites du Christ, toute législation divine et humaine auraient perdu leur signification, si nous n'étions pas libres 3. Les objections faites contre la liberté de l'homme et tirées de notre état de déchéance par suite de la faute originelle et de la nécessité morale de pécher créée par cet état seront examinées dans l'étude du péché originel lui-même. Saint Augustin ne les passe pas plus sous silence* que celles que l'on tire de la prescience divine et de la prédestination. Il réfute ces dernières en détail dans le cinquième livre « sur Vétat de Dieu » ; nous en avons déjà dit un mot, quand il a été question de l'omniscience de Dieu"'.
3. Saint Augustin a encore composé un traité spécial sur l'immortalité de l'âme. Plus tard cet écrit ne lui plaisait guère *, parce que dans leur ensemble les arguments n'étaient pas péremptoires, l'expression était parfois obscure et ses connaissances théologiques lors de la rédaction du traité encore incomplètes. A l'exemple de Platon il tire le principal argument de la sublimité de la faculté intellectuelle de la connaissance que possède l'âme. Si celle-ci saisit au moyen de cette faculté, le vrai c'est-à-dire, l'être, l'éternel, elle doit être elle-même impérissable. Mais, aurait-on pu lui objecter, ne s'en suit-il pas également que, parce que la vérité est éternelle, l'âme doit être aussi éternelle, c'est-à-dire,
et ai non faciendum motu animi carent: si denique his abstinendi ab opère suo potestas nulla conceditur, peocatum earum tenere non possumus. Cf. de lib. arb. III, 1, 3. De nat. et gr. c. 65.
1 . De duab. anim. 13, 19. — 2. lbid. 14, 22. Cf. De act. c. Fel. Man. Il, 8.