L. VIII
4. Greg. Nyss. Orat. in 40 martyres {Migne XLVI, 185) : 7:xvvoXiSoi Se ofoiK i" x*f7ro», iMot zai rà j.ti<pce.vy. rtiv ekyi'cov kzjyy/y-. ipoclficaStxti; Tt/u.6i/uîva.
5. In acta Apost. hom. 21, 4, on lit, immédiatement avant, les paroles citées plus haut : TV oïu rô ù-nsp pxfprùpuv TtpoaféptaOou, va xXyfifyau èv èKu'vrj Tfj ùpc/. ; yyy fui.pcvat$ &9C MM» ÙTzèp pss.pr6pO}v, fUyecXq T4/t«j tô ovop.a.'jdYiva.i roù 8sjt:otou
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de la mort, le souvenir de ceux qui ont pris part à ce triomphe et de les invoquer comme intercesseurs. Le sacrifice eucharistique apparaît ainsi comme le centre du culte, vers, lequel convergent tous les actes de la vertu de religion, et qui relie ensemble dans une union d'amour avec leur chef la grande communion des fidèles de l'Eglise triomphante, militante et souffrante.
Une telle manifestation du culte est loin d'être une apothéose d'êtres créés ou une indigne représentation de Dieu, le maître souverain de toutes choses ou une confusion de la divinité avec la créature. « Nous n'érigeons pas des temples pour les martyrs, avec un sacerdoce ;et un sacrifice, c'est que ce ne sont pas eux que nous vénérons, mais [leur Dieu qui est notre Dieu. Nous honorons leurs sanctuaires, parce que les martyrs sont les saints de Dieu fet qu'ils ont combattu jusqu'à la mort pour la vérité». C'est ainsi qu'Augustin1, défend les chrétiens contre des reproches immérités. D'après lui, le sacrifice n'appartient proprement qu'à Dieu; jamais on n'a entendu un prêtre dire : « Je t'offre ce sacrifice, ô saint Pierre... etc.. »2. Quand nous parlons d'un autel de saint Gyprien ou d'un autre saint, ce n'est pas que ce saint doive y devenir le repas du sacrifice; loin de là, c'est que à cet endroit, à Carthage, Gyprien s'est sacrifié et nous unissons son sacrifice et le nôtre avec celui de l'Homme-Dieu dans la sainte Eucharistie3. « Quand il nous plaît, dit-il ail-
i. De civ. Dei VIII, 27, 1. Cf. 22,10.
2. C. Faustum 20, 21 : At ^vero illo cultu, quae Graece latria dicitur, Latine uno verbo dici non potest, cum sit quaedam proprie divinitati débita servitus, nec colimus nec colendum docemus nisi unum Deum. Cum autem ad hune cultum pertinent oblatio sacrificii, unde idololatria dicitur eorum, qui hoc etiara idolis exhibent ; nullo modo taie aliquid offerendum praecipimus vel cuiquam martyri, vel cuiquam sanctae animae vel cuiquam angelo.
3. Sermo 310 (éd. ]Maur.), 2 : Ibi hodie venerans multitudo concurrit, quae propter natalem Cypriani bibit sanguinem Christi. Et tanto dulcius in illo loco propter natalem Cypriani sanguis bibitur Christi, quanto devotius ibi propter nomen Christi sanguis fusus est Cypriani, Denique, sicul nostis, quicunque Carthaginem nostis, in eodem loco mensa Deo constructa est : et tamen mensa dicitur Cypriani : non quia ibi est unquam
leurs1, d'offrir des sacrifices dans les sanctuaires des martyrs, n'est-ce pas à Dieu que nous sacrifions ? Les martyrs occupent une place éminente; remarquez-le, leurs noms sont, proclamés en un lieu choisi près de l'autel du Christ ; mais on ne les adore pas à la place du Christ ».
L'union même du sacrifice eucharistique et du culte des saints précise bien la place du second dans le culte religieux en général; il apparaît Lien comme un fruit, une fleur du premier, auquel d'ailleurs il prépare. Nous glorifions et louons Dieu pour les victoires qu'il a données taux martyrs et par eux à l'Eglise2.
Au saint Sacrifice venaient s'ajouter d'ordinaire les repas ou agapes fraternelles, surtout les jours des fêtes des martyrs. C'était sans doute l'introduction dans le christianisme d'un usage païen, mais revêtu d'une signification plus élevée. A cause des excès et des désordres qui s'y manifestèrent et donnèrent l'occasion aux hérétiques, notamment aux Manichéens3, de porter diverses accusations contre les chrétiens, les évêques essayèrent peu à peu de les supprimer, comme nous l'apprennent saint Grégoire de Nazianze 4, saint Ambroise5 et saint Augustin6.
Cyprianus epulatus, sed quia ibi est immolatus, et quia ipsa immolatione sua paravit hanc mensam, non in qua pascat, sive pascatur, sed in qua sacrificium Deo, cui et ipse oblatus est, offeratur.
1. Sermo 273, 7 : Non eis (Martyribus) templa, non eis altaria, non sacrificia exhibemus. Non eis sacerdotes ofïerunt, absit ; Deo praestantur. Immo Deo ista offeruntur, a quo nobis cuncta praestantur. Etiam apud memorias sanctorum martyrum cum ofïerimus, nonne Deo ofïerimus ? Habent honorabilem locum martyres sancti. Advertite : in recitatione ad altare Christi loco meliore recitantur ; non tamen pro Christo adorantur.
2. Sermo 273, 1 : Beati sancti, in quorum memoriis celebramus diem passioni9 illorum... Quando audimus quomodo passi sunt martyres, gaudemus et gloriiicamus in illis Deum : nec dolemus, quia mortui sunt.