Cf. Aug. C. Faust
4. Lib. II, sect. carmina 26, 29, 48 (éd. Maur. III, 1177, 1185).
o. Augustin (ConlI. VI, 2) raconte de saint Ambroise, qu'il avait défendu au moyen d'une affiche apposée dans « l'ostiarium » des églises, les agapes au jour des fêtes des martyrs. Sa mère Monique, qui se conformant à la coutume du Nord de l'Afrique,était venue à l'église avec des présents pour les pauvres, fut très surprise de la défense de l'évêque, mais elle s'y soumit aussitôt.
6 De civ. Dei VIII, 27, 1. Ep. 22 (éd. Maur.) c. 1, § 1-6. De mor. eccl.1, 34, 75.
4. Par suite de l'enseignement des Pères, le culte des saints prit une importance profondément religieuse et morale. Quoique l'Eglise ne l'imposât pas directement, elle disposa néanmoins toujours les fêtes des saints avec l'intention d'en étendre la solennité et de perfectionner ainsi le culte. Elle eut raison; car ce culte est une manifestation du respect que nous devons à Dieu ; il l'élève et le parfait, puisque l'honneur rendu aux créatures qui furent les vases de la grâce rejaillit sur le créateur et le dispensateur de la grâce. La portée morale de ce culte se tire du zèle qu'il inspire à imiter les saints, à tendre comme eux à la perfection de la vertu chrétienne. Nous réjouir de leurs vertus, c'est déjà commencer à les imiter ; sous un certain rapport même, les exemples des saints ont plus d'influence sur nous que ceux du Sauveur. Les saints, en effet, furent des hommes comme nous et nous ne pouvons pas prendre prétexte d'une distance infinie entre eux et nous1. Les Pères exhortaient sans cesse les fidèles, dans leurs discours, à l'imitation des saints. Leur culte est encore l'expression de notre espérance de la vie éternelle et des biens célestes, de la foi en la puissance de la grâce divine, surtout de l'amour réciproque des membres du royaume de Dieu, qui participent à la communion des saints. Celle-ci nous fait vénérer les saints et demander leur intercession ; elle leur fait exaucer nos prières et nous donner leur secours 2. Leur assistance est d'autant plus prompte et efficace, qu'ils sont plus intimement unis à Dieu, que leur charité divine et fraternelle est plus parfaite3. Saint Augustin a cependant
1. Aug. Sermo 425, 1 : Quis est quem pudeat dicere : Impar sum Deo ? Plane impar, impar sum Christo ? Etiam mortali Christo impar. Petrus hoc erat quod tu, Paulus erat quod tu, Apostoli et Prophetae hoc erant quod tu. Si piget imitari Dominum, imitare conservum.
2. Sermo 280, 6 : Miramur eos, miserantur nos. Gratulamur eis, precantur pro nobis.
3. Aug. Enchir. 56 : Haec (civitas Dei) in sanctis angelis beata persistit et suae parti peregrinanti, sicut oportet, opitulatur : quia utraque una erit consortio aeternitatis, et nunc una est vinculo caritatis, quae tota instituta est ad colendum unum Deum.
raison de faire remarquer1, comme nous avons eu l'occasion de le dire, qu'il ne faut pas trop attendre de l'intercession des saints, notamment le pardon de tous les péchés, même les plus graves, si nous ne faisons pas autre chose pour l'obtenir.
5. De la communion des saints, de leur intercession et de leur assistance accordée aux membres de l'Eglise militante, découle pour nous le devoir ou au moins la convenance de les invoquer. Déjà avant le concile de Nicée, nous avons une foule de témoignages qui établissent l'existence de ce culte à l'égard des saints. Les diverses liturgies de toutes les Eglises sont encore une preuve incontestable de l'extension universelle de l'invocation des saints. Cyrille de Jérusalem indique, comme une partie essentielle du sacrifice de la messe, les invocations des saints patriarches, des prophètes, des apôtres et des martyrs : « leur intercession rendra Dieu favorable à notre prière ». Il justifie ainsi cette coutume par ce fait que l'invocation des amis de Dieu ne peut qu'augmenter notre assurance d'obtenir plutôt l'exaucement de nos prières *.
On lit dans la liturgie de saint Jacques : « Souvenonsnous aussi de la bienheureuse, immaculée, glorieuse, bénie mère de Dieu et toujours Vierge, Marie notre dame; souvenons-nous de tous les saints et de tous les justes, pour que leurs prières et leur intercession nous obtiennent la miséricorde ». On le voit, la première place est réservée ici à l'invocation de la Bienheureuse Vierge Marie ; mais, dans aucune liturgie, l'invocation des saints en général n'est omise.
Saint Augustin cherche à tirer une signification morale, de ce que l'Eglise a coutume de ne pas prier pour les martyrs, mais plutôt de se recommander à leurs prières 3. Pour