G. Vigil
mot dulia (8ov).ei«, de Zovloç esclave)1. A ce propos, saint Augustin marque que notre culte des saints doit toujours être adressé à Dieu seul en tant qu'unique créateur, sauveur et sanctificateur, ce que les Grecs veulent exprimer quand ils appellent le culte des saints un culte relatif, en tant qu'il ne peut avoir de valeur religieuse et morale que par son rapport à Dieu. Saint Cyrille notamment insiste là-dessus quand il travaille à réfuter les calomnies de Julien l'Apostat, pour qui les chrétiens honoraient comme dieux des hommes grossiers. Nous n'appelons pas dieux les saints martyrs, dit-il, ni n'avons continué de les honorer du culte dû à Dieu (ï#Sp&jTui&ç), nous ne les honorons que relativement (<rxmxwç). Ainsi parle saint Cyrille2.
Dans la distinction introduite par saint Augustin, il importait de nommer {mefimùeiç le culte rendu à la très sainte Vierge Marie, parce que en sa qualité de mère de Dieu, de fille choisie du Père et d'épouse du Saint-Esprit, elle avait reçu une place tout à fait à part dans le royaume du ciel et avait été élevée à la dignité de mère de Dieu. Sa mémoire n'était pas seulement célébrée dans toutes les liturgies de l'Eglise en un rang privilégié, à la tête de tous les saints. Mais l'Eglise avait même accueilli peu à peu plusieurs fêtes en son honneur dans le cycle de sa liturgie : fêtes de sa naissance, de sa conception, de son annonciation, de son assomption 3. En outre, les Pères rivalisaient les uns
1. Aug. De trin. I, 6, 13 : Maxime vero illo loco satis claret, quod Spiritus sanctus non sit creatura, ubi jubemur non servire creaturae sed Creatori (Rom. I, 25) : non eo modo quo jubemur per caritatem servire invicem (Gai. V. 15), quod est graece SouÀsûetv ; sed eo modo quo tantum Deo servitur, quod est graece Xvrceùeiv. Undeidololatraedicuntur, qui simulacris eam servitutem exhibent, quae debetur Deo. Cf. De vera rel. c. 55, 110: Quare lionoramus eas caritate, non servitute. Cf. C. Faust. 20, 21.
2. C. Jul. VI {Migne LXXVI, 812) : Tcùç ye fj.r,v ùyt'ovç /MûLprupoo;, oure 0esùç tivoct fv.fJ.iv, oÏite Trp07xuveïv eîdî7{Aedx XeetptUTWtyi SrjXovoTi, èùïcx. <syt":ix.&^ xai Tt/J.rr
3. Nous avons des discours sur l'Annonciation de Marie de Pierre Chrysologue (f 450), de Basile de Séleucie (f v. 457); sur sa naissance et son assomption, de saint Jean Damascène, etc.
avec les autres à qui louerait sa haute dignité, sa situation et ses intimes rapports vis-à-vis de Dieu, son élévation audessus de tous les saints du paradis et recommanderait sa puissante intercession et sa protection à tous pour les besoins des âmes. De sa haute dignité en tant que mère de Dieu et de la perfection morale qui y correspond dans sa virginité et sa conception immaculée, il a été déjà question et il a été montré comment tous ces privilèges que l'Eglise lui reconnaît se réfèrent à l'Homme-Dieu et comment tout le culte que l'Eglise lui rend se rapporte en dernière analyse à son Fils l. Leur penchant particulier à invoquer Marie dont nous avons déjà trouvé un témoignage éclatant pour les temps anténicéens chez la martyre Justine, les fidèles l'ont tiré de la puissance de son intercession que les Pères font dériver de sa haute dignité et de sa situation exceptionnelle comme mère de Dieu. A ce titre, en effet, elle est placée intimement en rapport avec les personnes divines, et d'autre part aussi avec l'œuvre de la rédemption et avec le genre humain racheté, qui voit en elle sa mère spirituelle, l'Eve proprement dite. Aussi Marie est-elle considérée par les Pères comme la médiatrice (médiatrice, ^(nrsvowa.) entre Dieu et les hommes, et l'idée que les Ariens se faisaient faussement d'une médiation par un sauveur créature et d'une sagesse créée lui est appliquée et reçoit ainsi une confirmation assurée2. C'est dans ce sens que les Pères tracent un parallèle entre Eve et Marie3 et étendent son patro-
1. Voici déjà comment s'exprime Basile de Séleucie sur les hauts privilèges de Marie en tant que mère de Dieu (Orat. 39 : In SS. Deiparae annuntiationem § 2 [Migne LXXXV, 429]) : *Qç yàp oùx ëertv evxoXov, vosïv «, xat fpxÇetv ôeo'v p.â)lov Se xa.docnaÇ kSwcctov outmç, to p.éya ty& Osotoxov pmaTYJptov xaî Sia.vocaç xat yAo>TTr)c, hsrïv àvcÔTSpov.