Greg. Naz. Orat. 5, c. 29. — 2. Migne XLVI
permission d'emporter de cette poussière, il estime avoir reçu un don précieux. Combien il est désirable de toucher les reliques quand les circonstances le permettent ; ceux-là seuls le savent qui l'ont éprouvé et qui ont pu réaliser ce désir. Ils baisent les reliques comme un corps florissant de vie et ils les portent aux yeux, à la bouche, aux oreilles, à tous les sens».
Le culte des reliques eut pour adversaires non seulement les j uifs et les païens, dont le porte-parole Julien l'Apostat fut réfuté par saint Cyrille (C. Jul., VI), mais encore les Manichéens, particulièrement Faustus qui reprochait aux catholiques le culte des idoles1 ; plus tard les Eunomiens, dont saint Jérôme dit2 qu'ils délaissaient les temples des apôtres et des martyrs et adoraient Eunomius et enfin Vigilance qui appelait les chrétiens des cinéraires et des idolâtres (cinerarios eiidololatras) et qui voulait du moins voir disparaître certains usages comme païens, par exemple celui d'envelopper les reliques de soie et de toile, de les adorer, de brûler des cierges devant eux en plein jour3. Saint Jérôme s'élève à bon droit contre l'accusation d'adorer les reliques. Cette adoration est, pour lui, absolument illégitime et il présente le culte des reliques comme un culte relatif qui se rapporte à Dieu*. Le fait d'allumer des cierges pendant la nuit est un usage bon et symbolique qui représente l'illumina tion de notre âme par la lumière de la foi, tout comme l'usage d'allumer des lumières avant la lecture de l'Evangile. Mais il se refuse à approuver l'usage des lumières en plein jour en l'honneur des martyrs et il pense que cela n'a été fait çà et là que par de pieuses femmes5. Mais on ne voit aucune raison qui empêche que les lumières aient pendant le jour la même signification symbolique. En réalité,