C. Vigil
cet usage avait prévalu dans quelques églises particulières sans provoquer de scandale. Du reste, saint Jérôme invoque en faveur de la légitimité du culte des reliques l'usage commun de toute l'Eglise d'élever des autels et des églises sur les tombes des martyrs et d'y offrir le saint sacrifice et l'autorité de l'église romaine qui en agissait ainsi auprès des tombeaux des saints Pierre et Paul avec tous les évoques du monde1.
Ce n'est pas seulement l'adoration de l'Eglise universelle , mais l'approbation directe même de Dieu que les Pères de l'Eglise pouvaient invoquer en faveur du culte rendu aux reliques. Car presque tous les Pères, même les plus célèbres, nous parlent de miracles opérés auprès des tombeaux des martyrs, et ordinairement même de miracles dont ils ont été témoins oculaires 2.
Le dix-septième canon du sixième concile de Carthage (401) se conformait simplement à un usage déjà universellement observé, quand il prescrivait qu'il devait se trouver des reliques sous chaque autel3.
La seule différence qui existât ne portait pas sur la doctrine : elle consistait en ce que à Rome^et dans l'Eglise occidentale on partageait [bien certaines reliques comme les instruments du martyre, les habits et autres .choses de ce genre, mais les corps étaient gardés religieusement intacts et sans partage ; au contraire, [dans l'Eglise grecque peu après les persécutions prévalut l'usage tout à fait général de partager les restes mortels des saints entre diverses églises. C'est ce dont témoignent saint Grégoire de Nysse4 et Théodore5.