Pour èxxAqo-fc on disait aussi ewafts, collecta
3. Athan. Apol. ad Const. 16. — 4. Cyr. Hieros. Cat. 18, 24 sq. 5. Ibid. 18, 26. Basil. Ep. 41, 1 (éd. Maur.).
l'idée de l'église 333
elle, même sa vie parce qu'il l'a purifiée de son sang, qu'il a contracté avec elle la plus intime union de corps et de vie et qu'il la parée le plus richement comme une reine. Quand les Pères à l'exemple de cet Apôtre appellent d'autre part l'Eglise le corps du Christ, ils veulent indiquer par là non seulement l'union intime des fidèles par l'amour, le soutien qu'ils se prêtent mutuellement, mais encore leur accroissement à tous dans l'Homme-Dieu et Dieu même, carie Christ est le chef et le Saint-Esprit est son âme, c'est-à-dire le principe qui pénètre tout comme un principe surnaturel de vie, les rattache tous à l'unité ; se trouve en chaque membre de ce corps mystique et habite complètement en lui comme dans tout le corps1. « Nous n'avons qu'un Seigneur, ainsi parle saint Basile aux évêques2, une foi, une espérance. Vous avez beau vous tenir pour le chef de l'Eglise, la tête ne peut pas dire au pied : « Je n'ai pas besoin de vous ». Car l'une main à besoin de l'autre et l'un pied appuie l'autre et les y eux voient ensemble clairement etdistinctement. Nous avons pour pères ceux qui nous ont donné pour loi que les chrétiens devaient porter leurs lettres de charité comme signe de communion à l'Eglise, d'un bout de la terre à l'autre et être les compatriotes et les parents de tous. » En même temps cette réunion de tous les fidèles en un seul corps du Christ est marquée et consommée par la sainte Eucharistie 3.
2. Nulle part la doctrine relative à l'Eglise et en particulier à l'idée de l'Eglise n'est aussi nettement ni aussi profondément élucidée que par saint Augustin, dans sa lutte avec les Donatistes. 11 représente l'Eglise comme le corps et la fiancée du Christ et la réunion de l'Homme-Dieu et'de son Eglise comme formant une seule chair et une seule personne, si bien que l'Eglise doit être appelée le Christ continué : « Des deux, dit-il, il résulte une personne composée d'une tête et d'un corps, d'un fiancé et d'une fiancée ». Par là saint Augus-
1. Basil. De spir. s. c. 2f>, 61. — 2. Ep. 103, 3. Cf. 243, 1.