‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 240 sur 480 · Enarr. in Ps · texte numérisé non relu

Enarr. in Ps

2. Tract, in Ps. 125, 6 : Ipseest enim ecclesia,per sacramentum corporis sui in se universam eam continens.

3. De offlc. III, 3, 19; De fide II, 72. — 4. De virgg. I, 6, 31. 5. De virginit. 18, 118. —6. Ep. 2, 1 (éd. Maur.).

l'église dans sa visibilité réelle 337

Mais relativement à la vie continuée de l'Homme-Dieu dans son Eglise, il n'y a là qu'une image parfaite. Car il n'a pas seulement, en qualité de membre de notre espèce, établi une religion temporelle ou fondé une communauté religieuse temporelle ; il a dans l'une et dans l'autre créé, en tant que Fils de Dieu, une œuvre qui au lieu de décroître gagne toujours de plus en plus en étendue et en force et fournit une preuve de plus en plus claire de la divinité du fondateur comme de l'intimité des rapports vitaux qui l'unissent à tous les hommes en tant que Dieu et Père spirituel. Si donc la foi en la divinité du Seigneur à l'âge apostolique se fondait principalement sur ses paroles et sur celles des Apôtres, sur les témoignages prophétiques de l'Ancien Testament et sur les miracles qui accompagnaient la fondation et la diffusion de la religion chrétienne, dans les temps postérieurs au Concile de Nicée, la diffusion miraculeuse de la religion chrétienne apporta une nouvelle preuve à l'appui de la foi. Dépourvue de tous les moyens humains qui assurent aux sociétés politiques le développement de leurs forces, leur affermissement et leur propagation tels que la force militaire, la richesse, l'autorité, l'Eglise de Dieu était apparue dans le monde comme une société de pauvres pêcheurs et de manouvriers ; elle eut dans les esclaves et les pauvres ses premiers membres, et il ne s'est pas encore écoulé trois siècles que nous la voyons triompher de tous ses ennemis, de tous les obstacles que lui opposaient le judaïsme, le paganisme, la philosophie et l'hérésie ; nous la voyons triompher de l'Etat romain, le plus puissant de tous ceux qu'a produits la société humaine, et qui avait employé toutes ses forces pour l'anéantir. Mais l'idée de son universalité n'était pas encore remplie ; du centre du monde, elle étendait maintenant ses regards sur les peuples barbares du Nord et du lointain Occident, pour les attirer peu à peu dans son sein et pénétrer jusqu'aux contins du globe terrestre. Quoi qu'il en soit, dès le quatrième siècle, la diffusion de l'Eglise témoignait en faveur

du caractère divin de son fondateur et de sa doctrine, et au cours des siècles, cette démonstration est devenue d'autant plus solide.

Un miracle plus grand encore, c'est la transformation que l'Eglise a opérée au point de vue moral dans la société humaine, telles que la destruction des plaies sociales, la sanctification du mariage et de la famille, la suppression de l'esclavage, le soulagement de la pauvreté et de la misère, et aussi le relèvement moral et l'ennoblissement des individus. C'étaient là aussi des miracles, mais des miracles d'une espèce particulière qui ne devaient pas seulement provoquer en nous l'étonnement, l'admiration et la démonstration de la toute-puissance de Dieu, mais aussi l'inclination et l'amour pour le Christianisme et pour celle qui nous le porte, l'Eglise ; car c'est là que s'étalent les preuves de la bonté et de la miséricorde divine. « Les bonnes mœurs, dit saint Augustin1 à ce sujet, exercent sur la raison et sur le cœur de l'homme un attrait tel qu'il blâmera et prendra en dégoût le mal et les éclats de la concupiscence, plutôt que de l'abandonner ou d'y renoncer. Mais est-ce chose de peu d'importance dans l'ordre moral de l'humanité que ce ne soit plus quelque chose de terrestre, ou de matériel, ou de sensible qui soit honoré comme Dieu ; que sa possession n'excite plus d'eïforts que dans l'esprit, et de telle façon que non seulement les esprits n'aient plus à disputer là-dessus,, mais que même la foule ignorante y croit et en parle même parmi les nations les plus diverses? Est-ce peu de chose que par la tempérance on en soit venu à se contenter d'un peu de pain et d'eau, non seulement pour un jour, mais pour plus longtemps? Est-ce peu de chose que la continence poussée jusqu'au célibat, la patience jusqu'au mépris de la. croix et du bûcher, la générosité jusqu'à l'abandon de son patrimoine aux pauvres, le mépris de la vie jusqu'au désir de la mort ? Peu sans doute font cela et moins encore le font avec raison, mais les peuples approuvent, entendent

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