‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 244 sur 480 · De imag. orat. 2, 12. (éd. Lequien, I · texte numérisé non relu

De imag. orat. 2, 12. (éd. Lequien, I

pasteurs qui nous ont annoncé la parole de Dieu et qui nous ont fait connaître la législation de l'Eglise ».

L'Eglise primitive ne [Connut pas davantage cette opinion qui prétend que le pouvoir législatif dans les choses divines de la foi, des mœurs, ou de la discipline repose sur le peuple chrétien et doit recevoir son expression des représentants ou des députés du peuple. De cette participation du peuple aux conciles ou à leur activité législative, l'antiquité n'a jamais rien su; toujours et partout, et d'une voix décisive, tout cela est attribué aux évêques dans les conciles. Si le peuple a eu quelque influence dans le règlement de questions ecclésiastiques, ou si quelques lois particulières sont nées peu à peu de l'usage populaire, cela ne prouve nullement le pouvoir législatif du peuple chrétien. Tous ces systèmes qui ont été formés dans les temps modernes chez les peuples séparés de l'Eglise, tels que le système territorial, épiscopal, collégial, ne sont que des expédients pour expliquer de quelque façon, l'autorité que la force, en dehors de l'Eglise, s'arroge d'une manière factice dans les affaires religieuses; mais en soi, non seulement ces essais sont dépourvus de toute base, [mais encore diamétralement opposés à l'antiquité chrétienne comme aux principes chrétiens relatifs à l'Eglise.

Idée de saint Augustin et des autres Pères sur les propriétés caractéristiques de l'Eglise en face des Donatistes

L'unité n'est pas seulement une idée essentielle de la notion de l'Eglise : elle apparaît aussi dans sa réalité visible comme un signe extérieur, comme une preuve de sa vérité. Cette propriété rallie les suffrages de tous les Pères, même des hérétiques. « Je crois à l'Eglise une », est-il dit dans un article du symbole des Apôtres. L'Eglise est une non seulement en tant que tous ses membres poursuivent le même but de toutes leurs forces réunies; elle est une, en un s.ens beaucoup plus élevé et plus parfait, parce qu'elle est l'union

surnaturelle et particulière des fidèles avec le Christ et qu'elle les rattache l'un à l'autre. En sa qualité de Christ continué, elle aspire à le reproduire lui-même et à représenter une certaine unité de l'humain et du divin. Elle reconnaît donc, comme le Seigneur lui-même, le prototype [de son unité, dans cette unité sublime incompréhensible, par laquelle le Fils est uni au Père et au Saint-Esprit — car le Seigneur prie ainsi: « Qu'ils soient un comme toi, mon Père, tu es en moi et moi en toi, afin qu'ils soient un en nous ». (Jean, xvn, 21). Une telle unité ne peut être réalisée parmi les hommes, par voie naturelle et encore moins durer toujours. Dans la nature déchue, l'égoïsme domine, et celui-ci se révolte contre la soumission à Dieu et elle ne veut point reconnaître Dieu comme centre ou comme le maître souverain de la société humaine, mais tout soumettre à sa propre personne. Là où il n'est pas contenu comme dans les constitutions politiques par une force plus puissante, il brise tôt ou tard toute règle et dissout le lien social. Cette force physique, l'Eglise ne l'a pas à son service, et cependant elle réalise une unité beaucoup plus parfaite, qui dépasse les temps, s'étend à tous les hommes, ou du moins approche toujours de ce terme et ne réclame pas seulement, mais obtient une complète soumission de l'homme tout entier dans son intelligence, sa volonté et son action, et tout cela pour un but surnaturel, céleste. Une telle unité doit être réalisée par Dieu, c'est-à-dire par le Saint-Esprit, qui de même qu'il est le lien de cohésion dans la Trinité divine est aussi l'âme et le principe formel de l'Eglise, et si l'unité doit rendre l'Eglise visible pour ainsi dire divine et manifeste à tous comme uniquement vraie, elle doit donc éclater au dehors1.

En réalité, l'Eglise avait à l'époque patristique, comme dans tous les temps, l'unité comme un diadème solide et brillant autour de son front et, à la vérité, non seulement l'unité de la foi, mais aussi l'unité de l'amour et de l'obéissance, en face d'une autorité visible identique et unique.

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