Aug. De civ. Dei XVIII, 51, i
avec raison comme sa propriété exclusive, la plus frappante différence entre l'Eglise et les hérétiques se montre en ce que la première exige avec la foi, la libre soumission à son autorité, tandis que les autres prêchent l'indépendance vis-à-vis de toute autorité et au lieu de la foi posent la science pour principe1. Par là, ils s'écartent des principes essentiels du Christianisme ; et si cependant, ils s'appellent chrétiens et n'entendent pas renoncer au Christianisme, cela témoigne, comme saint Augustin l'explique déjà au ve siècle, du grand prestige et de la grande puissance du Christianisme; car ils ne peuvent même pas, sans ce nom, attendre la diffusion ni L'acceptation de leurs doctrines religieuses. D'autre part, se vanter de sa science est un vain titre pour attirer les multitudes. En réalité, les hérésiarques se donnent eux-mêmes dans leur symbole comme étant l'autorité; ils ne peuvent pas cependant soutenir la comparaison avec l'autorité de l'Eglise et ils se vantent de la science, comme gens qui sont bien supérieurs à la foi. Cela flatte la fierté naturelle de l'homme; mais en vérité le fidèle catholique peut abaisser ses regards sur ce point de vue de la prétendue science, comme bien inférieur à lui, car la foi n'entraîne aucun renoncement à la science et à la raison, pas plus qu'aux autres vérités qui s'acquièrent par là. Le croyant catholique a cela de commun avec tous les hommes, et en plus, toutes les vérités dont la possession parfaite sera notre récompense et notre bonheur au ciel9.
1. Deutilitate credendi ce. 8, 9, §§ 20, 21 : Sequere viam catholicae disciplinae, quae ab ipso Christo per Apostolos ad nos usque manavit, et ab hinc ad posteros manatura est. Ridiculum, inquis, istud est, cum omnes hanc se profiteantur tenere ac docere. Profitentur hoc omnes haeretici, Begare non possum; sed ita, ut eis quosillectant rationem se de obscurissimis rébus pollicoantur reddituros : eoque catholicam maxime criminantur, quod illis qui ad eam veniunt praecipitur ut credant ; se autem non Jtogum credendi imponere, sed docendi fontem aperire gloriantur.
2. Aug. Ep. 118, 5,32: Hujus (Christi) nos gloriae servimus, huic te immobiliter atquo constanter credere hortamur, per quem factum est, ut non pauci, sed populi etiam, qui non possunt ista dijudicare ratione, fide credant, donec salutaribus praeceptis adminiculati évadant ab his perplexitatibus in auras purissimae atque sineerissimae veritatis... Porro illi
Ainsi donc, la foi n'est pas seulement l'unique moyen d'arriver à la pleine possession de la vérité chrétienne, mais même la condition préalable de l'unité dans les croyances religieuses de l'humanité l, et de la participation à l'Eglise qui peut montrer alors son unité dans le culte, dans la législation et la direction des fidèles. Mais si la foi doit servir de base à cette manifestation extérieure de l'unité dans l'Eglise; il ne faut pas seulement qu'elle ait son fondement chez tous dans un seul et même motif; il faut qu'une seule et même autorité nous présente les mêmes objets de croyance. De là résulte que l'autorité doit non seulement continuer à vivre dans la société humaine, mais être unique en elle-même, puisque avec des autorités différentes et opposées, l'unité disparaîtrait dans la foi des sujets. Aussi saint Augustin reconnaissait que même pour ce motif, le magistère doctrinal de l'Eglise devait trouver sa plus haute expression dans un centre d'unité et être contenu par lui. « Pierre apparaît à plusieurs reprises dans les saintes Ecritures comme représentant la personne de toute l'Eglise, particulièrement quand le Seigneur lui dit : « Je te donne les clefs du royaume du ciel 2 » .
Mais l'unité de l'Eglise consistait du côté des fidèles non seulement dans l'unité de la foi et de la soumission de l'entendement à l'autorité doctrinale de l'Eglise, mais aussi dans l'obéissance au pouvoir législatif de l'Eglise et dans l'exécution de toutes les conditions qui sont nécessaires à la
qui cum in unitate atque communione catholica non sint, Christiano tamen nomine gloriantur, coguntur adversari credentibus, et audent imperitos quasi ratione traducere, quando maxime cum ista medicina Dominus venerit, ut fîdem populis imperaret. Sed hoc facere coguntur, ut dixi, quia jacere se abjectissime sentiunt, si eorum auctoritas cum auctoritate catholica conferatur. Conantur ergo auctoritatem stabilissimam fundatissimae ecclesiae quasi rationis nomine et pollicitatione superare.
1. De util. cred. 9, 21 : Nam vera religio, nisi credantur ea quae quisque postea, si se bene gesserit dignusque fuerit, assequatur atque percipiat, et omnino sine quodam gravi auctoritatis imperio iniri recte nullo pacto potest.