V. Héfélé /or. c//. | (f« éd.), 567 sqq
2. L'histoire de Libère est traitée à fond par les Bollandistes. VI, 572 s«i«| Héfélé loc. cit. I (2e éd. sqq.) Jungmann Dissert. II. 31 sqq.
Resté seul maître de l'empire en 351, l'empereur Constance changea d'attitude vis-à-vis de l'Eglise. Entouré d'évêques gagnés à l'Arianisme, il fut indisposé contre les orthodoxes, notamment contre saint Athanase, par toutes espèces de procédés et de soupçons. On lui avait persuadé que pour rétablir l'unité dans l'empire, rien n'était plus nécessaire que d'abandonner le symbole de Nicée et d'éloigner de son siège le principal perturbateur : saint Athanase. Les évoques Ursace et Valens, qui avaient pris part dans la Maréotide à l'enquête dirigée contre saint Athanase, après le concile d'Antioche, mais avaient reconnu plus tard, après Sardique (343), leur erreur dans une lettre au pape Jules et à saint Athanase, avaient de nouveau fait défection en 351 et étaient tout-puissants sur l'empereur. Lors de son séjour en Occident, particulièrement au concile d'Arles, où saint Paulin de Trêves resta seul fidèle et à Milan (353-355), il mit tout en jeu pour amener les évêques de la moitié occidentale de l'empire à souscrire à la déposition de saint Athanase et à entrer en communion avec les Ariens. Beaucoup cédèrent mais plusieurs préférèrent s'en aller joyeusement en exil plutôt que de renier la foi de Nicée.
Libère, successeur de Jules sur la chaire épiscopale de Rome depuis 352, vit le danger qui s'annonçait pour l'Eglise et il fit tout pour le maintien de la foi. Après le concile, il envoya des légats à Arles auprès de l'empereur ; parmi eux était Lucifer de Cagliari avec une lettre où il demandait encore la convocation d'un concile général (354) 4. Ces légats rencontrèrent l'empereur à Milan. Gomment ils furent traités et torturés, saint Athanase nous l'apprend 2. Plusieurs évêques qui se montrèrent inébranlables furent bannis ; ils reçurent du pape une lettre de consolation3 (355). L'empereur songea alors à gagner le pape lui-même à sa cause. De Milan
1. Chez Hilar. ex opère histor. fragm. 5 (éd. Maur. II, 671). Athan Hist. ad Mon. c. 61.