‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 264 sur 480 · De syn. c. 7i · texte numérisé non relu

De syn. c. 7i

ces évêques du parti semi-arien. Sous la conduite de Basile d'Ancyre, ils se réunirent en concile dans cette ville (358), exclurent Eudoxe delà communion de l'Eglise et portèreut quelques anathématismes contre FArianisme rigoureux. Dans les décrets de ce concile, Hilaire reconnaissait l'aurore d'un temps meilleur, le premier pas vers le retour, et il leur attribuait d'autant plus d'importance que l'empereur se tournait maintenant lui-même contre l'Arianisme extrême et s'occupait de la préparation des conciles de Séleucie et de Rimini (359). Saint Hilaire assista même à celui de Séleucie ; il se rendit à Constantinople et y obtint l'autorisation tacite de rentrer sans condition dans les Gaules. L'année précédente (358), le pape Libère avait pu aussi revenir à Rome; mais à quelles conditions?

Hilaire ne dit rien de Libère dans son livre sur les synodes, mais dans l'écrit contre Constance composé (359) après sa délivrance, il fait mention de sa déposition dans des termes quelque peu obscurs (c. 11) : Vertisti deinde usque ad Romam bellum tuum, eripuisti illinc episcopmn et o te miserum, qui nescio utrum majore impie tate relegaveris quam remis eris ! Ici il n'est fait aucun reproche au Pape à l'occasion de son retour, mais l'empereur y est accusé d'une impiété plus grande encore que celle qui s'était manifestée par l'exil. En quoi avait consisté cette impiété, il ne nous le dit pas.

Sans doute, il existe d'autres sources qui ont été imprimées parmi les fragments d'Hilaire ; mais leur fausseté a été établie dans les temps modernes tant de fois et avec des arguments si frappants1 qu'aucune voix ne s'est plus élevée en faveur de leur authenticité. Dans la première lettre2, le faussaire nous montre Libère déclarant de Rome même aux [évêques d'Orient qu'il a rompu la communion

1. Cf. Stilting, Bol. Sept. VI, 580 sqq. Ballerini. De vi ac rat. Prim, c. 15. 8. Palma, Hist. eccl. I, 255. Héfélé loc. cit. I (2e éd.) 648 et s., 689 et s.

2. Chez Hilar. ex opère hist. frag. 4 (éd. Maur. II, 668 sq.).

avec Athanase ; dans une autre1, Libère dit qu'il a souvent envoyé L'évêque Fortunatianus à l'empereur pour lui apporter son adhésion aux décrets de Sirmium (357). En vérité, il n'est pas facile de déterminer avec sûreté à quelle époque a eu lieu la supposition des fausses lettres. Mais si certaines expressions trahissent un Grec ignorant qui ne s'était pas bien rendu maître de la langue latine, nous pouvons supposer d'après le contenu que ces lettres ont été fabriquées à une époque où le retour de Libère à Rome pouvait être exploité encore par les Ariens, c'est-à-dire de 358 à 361.

Nous rencontrons d'autres sources de renseignements avec saint Athanase, qui depuis 356 habita le désert, mais qui, renseigné sur le cours des événements relatifs à l'Eglise, sut se procurer en outre les informations les plus exactes. Il parle en plusieurs passages de ses écrits de l'exil de Libère, et de sa fin, principalement en trois endroits. L'apologie contre les Ariens a été vraisemblablement composée par saint Athanase, peu après le retour de son second exil, qui eut lieu le 21 octobre 345, en tous cas avant l'année 3512, car au chapitre VIII les évoques Ursace et Valens sont représentés comme s'étant convertis et ayant rétracté leurs premières déclarations. Les lettres de ces derniers au pape Jules et à Athanase nous sont rapportées dans le même écrit3. Saint Athanase n'aurait plus écrit après l'année 351 sans faire mention de leur seconde rechute. Or, c'est vers cette époque qu'ils repassèrent à l'Arianisme4. Mais si l'apo-

i. Ibid. fragm. 6(11, 677).

2. Les mots du eh. 59 : £ npdrspov xoù vw nénovSec prouvent bien que l'apologie fut écrite après le second retour. Comme on plaçait d'abord ce dernier <i;ms l'année 349, les anciens auteurs, le Bollandiste Stilting par exemple (Boll. sept. VI,599) et Héfélé Hist. des conc. I, lréd. 659) ont admis comme époque de la composition les années 349-331 ou l'année 350. Si cependant d'après les lettres pastorales récemment découvertes (Larsow, p. 50) le concile de Sardique doit être rapporté ;i l'année 343 et le retour de saint Athanase ;i l'année 345, il faut déterminer en conséquence l'année de la rédaction de l'apologie.

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