‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 265 sur 480 · Athcm. c. 58, p. 139. — 4. Hist. Arian. éd. Mon. c · texte numérisé non relu

Athcm. c. 58, p. 139. — 4. Hist. Arian. éd. Mon. c

logie était écrite déjà en l'an 345, il est extrêmement étonnant que dans les deux derniers chapitres (89 et 90) il soit question d'événements qui n'ont pu appartenir qu'aux années 357 et 358. Ils doivent donc, si nous voulons y voir une addition de saint Athanase, comme ils prétendent être, avoir été ajoutés dans l'année 3581. Ici il dit de Libère: « Quoiqu'il n'ait pas supporté les souffrances de l'exil jusqu'à la fin, il a cependant enduré deux ans d'exil pour n'avoir pas voulu approuver la conjuration ourdie contre nous2. » D'Hosius, au contraire, il est remarqué que par suite de la faiblesse de l'âge il céda, mais un moment seulement, aux rigueurs déployées contre lui. De cette assertion que Libère n'a pas persévéré jusqu'à la fin, nous ne pouvons inférer rien de particulier sur l'occasion qui amena la fin de son exil. Elle reste vraie, alors même que Libère se serait simplement borné à admettre à la communion le parti qui prédomina au concile d'Ancyre, à rencontre de l'Arianisme extrême, et qu'il eût été ainsi remis en liberté par grâce particulière de l'empereur. Dans l'apologie de sa fuite (devant les persécutions de Syrianus en l'an 356), qui fut écrite vers la fin de 357 ou au commencement de 358 3, Athanase parle bien de l'exil de Libère (c. 4), mais non de son retour. Par contre, il fait mention de la chute de Libère comme de sa prompte rétractation, après avoir cédé un moment seulement. Mais ceci concorde exactement avec l'époque admise pour sa composition si Libère n'est revenu à Rome qu'en 358, et si Hosius était déjà mort à la fin de l'année 357.

1. Le savant Bollandiste Stilting (1. c. p. 604) la donna comme une interpolation de basse époque et il invoque comme preuve à l'appui l'insistance des historiens Socrate, Théodoret et des historiographes grecs postérieurs tels que Théophane, Nicéphore, Calliste et autres sur la chute possible de Libère. Cependant Socrate n'a pas exactement connu saint Athanase, comme on en verra la preuve ci-après. L'argument est en général aussi insuffisant que celui qu'on tire du contenu et de la forme des chapitres.

3. Tout au commencement, Léontius est désigné comme patriarche d'Antioche ; or il mourut en 357 d'après Socr. Hist. eccl. 11. 37. Sozom. 11, 12. 13.

Le retour de Libère est encore mentionné en un autre passage de « l'histoire des Ariens ». Athanase, comme il ressort de sa lettre à Sérapion sur la mort d'Arius, a envoyé cette histoire à son ami Sérapion avec d'autres écrits dogmatiques, mais la lui a redemandée après la lecture afin qu'elle ne fût pas publiée encore. Il fait la même remarque lors de l'envoi de cette histoire aux moines, dans l'écrit qui raccompagne en les priant de ne pas faire de copie. Il ressort clairement de là que saint Athanase a eu à plusieurs reprises le manuscrit dans les mains avant sa publication. La rédaction primitive doit avoir eu lieu en l'année 357, parce que dans le chapitre IV, Léontius est mentionné comme évêque d'Antioche. On lit au chapitre XLI : « Là-dessus Libère fut exilé et fut réduit plus tard après l'intervalle d'environ deux ans et il souscrivit par peur de la mort dont on le menaçait. Mais en cela se montrèrent la violence des Ariens, la haine de Libère contre l'hérésie et ses sympathies en faveur d' Athanase aussi longtemps qu'il garda sa pleine liberté. Car ce qui lui fut arraché par les mauvais traitements, cela n'est pas la volonté de l'opprimé, mais des oppresseurs ».

Même ces paroles, si on veut les attribuer à Athanase, doivent être regardées comme une addition postérieure. Faire après coup de pareilles additions et les insérer dans les passages cités sans rien changer au reste du contexte, il y a là toujours quelque chose d'étonnant. Cependant on a quelque peine à deviner quelle intention un interpolateur quelconque a pu avoir dans la suite ; quel résultat a-t-il voulu obtenir de son interpolation ? Pour saint Athanase même, on s'explique plus facilement une addition de ce genre. Car dans la période de 351 à 361, la chute d'Hosius et la réconciliation apparente de Libère avec l'empereur Constance pouvait être exploitée par les Ariens pour présenter la cause d' Athanase et de l'orthodoxie comme abandonnée de tous. Il avait ainsi bien des raisons pour enlever des mains des Ariens cet argument.

Mais le fait que Libère ait souscrit sous la pression de l'empereur et sous menace de mort n'est pas indiqué au

passage cité. Précédemment à Arles et à Milan l'empereur avait obtenu la souscription des évêques à la déposition de saint Athanase, mais maintenant après l'installation d'un antiévêque impérial sur le siège patriarcal et après la fuite de saint Athanase au désert, l'empereur n'avait plus autant d'intérêt à l'approbation de la déposition de ce dernier. Cette approbation fut bien encore demandée à Hosius à Sirmium, comme le remarque expressément saint Athanase l, mais Hosius eut cependant la liberté, après avoir, comme nous l'apprenons de saint Hilaire, souscrit la seconde formule de Sirmium et partagé la communion d'Ursace et de Valens. Mais du simple rapprochement de Libère et d'Hosius dans le passage cité de saint Athanase, il ne ressort nullement que le premier ait cédé, en donnant sa souscription contre saint Athanase ; on devrait plutôt en inférer le contraire. Que dans le fait, vaguement mentionné par saint Athanase, de la souscription de Libère fût impliquée en même temps, comme le veulent plusieurs historiens 2, la rupture de communion avec saint Athanase, cela est encore moins démontré. Chez les Ariens et chez l'empereur, il s'agissait alors d'une déposition de saint Athanase pour crimes contre les mœurs, non d'une excommunication pour cause d'hérésie ou d'un anathème contre le symbole de Nicée qu'ils n'attaquèrent jamais qu'indirectement.

Ainsi on ne peut donc du passage précédent inférer en toute sûreté que le pape a souscrit par crainte.

Après cette dernière, la source la plus ancienne que nous possédions est le Libellus precum Faustini et Marcellini deux prêtres romains schismatiques du parti des Lucifériens qui, sous le successeur de Libère, Damase, s'adressèrent à l'empereur en faveur de leur antipape Ursinus. On lit dans la préface : « Deux ans après Constance vint à Rome, le peuple intercède pour Libère ; il lui est déclaré : Vous aurez de nouveau Libère et il reviendra meilleur qu'il n'est

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