‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 266 sur 480 · Héfélé loc. cit. I (dans la 1" éd. seule · texte numérisé non relu

Héfélé loc. cit. I (dans la 1" éd. seule

parti du milieu de vous. Et il disait cela de l'adhésion par laquelle il prêtait la main à la perfidie. La troisième année, Libère revint et le peuple romain courut avec joie au devant de lui ' ». Si on considère que les auteurs de cette supplique mettent en avant tout ce qu'ils peuvent trouver contre ceux qui se sont rapprochés tant soit peu des Ariens, on se sent autorisé à penser que les auteurs n'ont trouvé contre Libère rien de plus que ce qu'ils rapportent. Par conséquent les Romains ont obtenu, par leurs prières auprès de l'empereur lors de son passage à Rome, qu'il leur accordât la délivrance de Libère. En ce qui concerne spécialement ce qu'ajoute l'empereur quand, dans sa réponse, il fait allusion au consentement volontaire avec lequel Libère aurait prêté la main à l'impiété, les auteurs l'ont composé en s'inspirant de l'histoire ultérieure et bien qu'ils aient employé le plus-que-parfait dederat; ils n'ont pas voulu dire que ce consentement se fût produit lors de la présence de l'empereur à Rome (357). Dans les paroles manus perfidiae dare est manifestement exprimée une connivence au parti arien ou semi-arien, mais en quoi consista cette connivence, cela n'est pas indiqué avec plus de précision. Si nous nous en tenons à l'expression figurée la plus naturelle, nous pouvons ne penser qu'au partage de la communion avec ce parti ; et ainsi elle n'indique pas encore l'adhésion à un symbole hérétique. Dans ce cas, le peuple romain ne serait pas accouru avec jubilation au devant de son premier pasteur légitime. Du reste ce qui est dit de l'époque du retour ne concorde pas avec les autres sources. Nous ne pouvons pas même supposer chez les auteurs l'intention d'imputer un crime à Libère, car ils veulent présenter leur antipape Ursinus comme le successeur légitime

1 Migne XIII, 81 el Pracf. c. I. Bibl. max. A, Gi>2 : Post annos duos \«-nit Romani Constantius, pro Liberio rogatur a populo; qui mox annuens ;iil : Habetis Liber iu m, qui qualis a vobis profectus est, melior

ertetur. Hoc autem de consensu ejus, quo manus perfidiae dederat, indicabat. Tertio ::nno redit Liberius, cui obvians cum gaudio populus Hom anus exivit.

de Libère et flétrir Damase, en sa qualité de pape du parti parjure de Félix que Constance avait établi comme évêque. Les textes que nous venons de citer, saint Jérôme très vraisemblablement les a eus devant les yeux1, car ce qu'il dit de la promesse faite sous serment par les clercs romains, les auteurs de l'écrit indiqué plus haut le rapportent également : mais nous voyons chez saint Jérôme tout d'abord qu'il s'agit d'une souscription pour approbation de l'hérésie. Ce n'est pas là certes un motif pour déclarer cet écrit interpolé, quoique souvent chez saint Jérôme les exagérations évidentes doivent nous donner des motifs d'examiner de près ses expressions sur les faits qui concernent ses adversaires. Et cet examen mène à croire que saint Jérôme, même dans ce cas, a trop lu dans les sources qu'il a utilisées et que d'autre part il en a utilisé encore de moins autorisées. En effet, en un autre passage 2, il soutient que l'évêque Fortunatien d'Aquilée avait cherché à séduire Libère dès son départ pour l'exil et qu'il lui avait fait souscrire une hérésie. Le catalogue qui fut écrit vers 392 peut bien avoir reçu3 quelques additions postérieures et alors la remarque concernant Fortunatien doit être considérée comme dérivant de saint Jérôme. Fortunatien s'était en effet rendu déjà à Milan (355) à la demande de l'empereur4 et il est en outre désigné dans la lettre interpolée de Libère comme ayant rapporté à l'empereur l'adhésion du pape aux décrets de Sirmium, à son retour d'exil. C'est de

1. Hier. Chron. ad annum 352 : Liberius XXXIV. Romanae ecclesiae ordinatur episcopus. Quo in exilium ob fidem truso omnes clerici juraverunt, ut nullum alium susciperent. Verum... post annum cum Felice ejecti sunt, quia Liberius taedio victus exilii, et in haereticam pravitatem subscribens, Romam quasi victor intraverat.

2. Cat. script, eccl. c. 97 (éd. Vallarsi 11,931) : Et in hoc habetur detestabilis (Fortunatianus), quod Liberium, Romanae urbis episcopum, pro fide ad exsilium pergentem primus sollicitavit ac fregit et ad subscriptionem haereseos compulit.

3. Stilting (1. c. p. 605 sqq.) regarde aussi ce passage comme interpolé.

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