‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 27 sur 480 · Ibid. c. 6. — 7. Orat. III · texte numérisé non relu

Ibid. c. 6. — 7. Orat. III

cessé pour un temps relativement court, comme je l'ai mentionné plus haut1, le péché serait pourtant resté en lui, comme cela s'est déjà passé pour les hommes. Ceci n'est pas difficile à démontrer. Beaucoup, il est vrai, sont devenus saints et purs de toute faute. Jérémie a été sanctifié dans le sein même de sa mère, Jean-Baptiste tressaillit de joie dans le sein de sa mère à la parole de Marie, mère de Dieu, et cependant la mort passant d'Adam jusqu'à Moïse exerça son empire sur ceux-là mêmes, qui n'avaient pas péché comme Adam, et les hommes restèrent pourtant mortels, soumis à la damnation et aux passions particulières de la nature. Mais après que le Logos se fût fait homme et qu'il eût pris les propriétés de la chair, celles-ci n'atteignirent plus le corps à cause du Logos, qui était venu en elle ; elles ont même été enlevées par lui, les hommes ne sont plus restés mortels à cause de leurs passions, mais animés par la force du Logos, ils sont devenus immortels et impérissables. . . Nous ne mourons pas maintenant comme après la première naissance en Adam, mais notre naissance et toute notre faiblesse corporelles sont passées sur le Logos. Voilà pourquoi nous sommes « éveillés de la terre », après que la malédiction du péché a été enlevée par le mérite de celui qui est devenu parmi nous et pour nous la malédiction elle-même. Ceci est très juste, car de même que nous tous qui sommes de la terre, nous mourons en Adam, de même% nous renaissons dans le Christ par l'eau et l'Esprit-Saint. Nous recevons une nouvelle vie et notre chair est beaucoup moins terrestre qu'elle n'est pénétrée parle Logos lui-même

{ovyÀzl mç yY)fa:iç, alla, lomov XoywGst'o-//? tyjç cra/r/oç), parce que le

Logos est devenu chair pour nous ».

L'impeccabilité et la sanctification que saint Athanase admet chez quelques-uns, dès le sein de leur mère, suppose donc précisément l'existence du péché dans l'homme à

d. Saint Athanase se rapporte à l'Orat. II, 68, où il étudie le cas ou Dieu aurait tout simplement pardonné le péché, c'est là une preuve qu'il n'a eu en vue diuis le passage allégué que cette impeccabilité, qui est issue du pardon du péché.

partir du premier moment de la conception. Il parle en outre d'une malédiction (dpâ) du péché, à laquelle nous sommes tous assujettis, et il met le salut dans le Christ qui a enlevé toute malédiction, renouvelé le corps humain et invariablement assuré la sanctification et la félicité de notre race.

3. L'état introduit par le péché originel n'a pas entraîné une impossibilité absolue de réaliser tout bien. C'est l'enseignement unanime des Pères grecs en particulier. Il est resté à l'homme, nonobstant sa condamnation générale à cause du péché, la liberté de pouvoir choisir entre le bien et le mal. Saint Athanase l'affirme expressément1. Il ne distingue pas en vérité entre le bien naturel et le bien surnaturel, il ne peut cependant pas avoir voulu attribuer à l'homme déchu le pouvoir de pratiquer et de choisir le dernier sans l'assistance de la grâce.

Autrement, il n'aurait pas pu affirmer et démontrer avec tant d'insistance dans tous ses écrits, que la rédemption par l'Homme-Dieu était indispensable2. Il peut toutefois dire avec raison 3, qu'il a été possible à l'homme dans le temps antémessianique, après la promulgation de la loi, d'éviter toute illégalité et de mener une vie vertueuse ; en fait, tout est possible avec la supposition préalable de la grâce assistante et fortifiante.

§ 57 (Suite) Saint Basile

1. D'anciens Pères avaient voulu voir dans les mots de la Genèse, 1, 26, 27 : image et ressemblance (eiV^v, ôtxoiWtç; image, similitudo) l'affirmation d'une différence entre la

i. Orat. c. Gdutes c. &: Ajvarai yàp woTreo izphç roc xoc/à veûetv, outw xaî rà v.y/.y. v.7ro'7ZOîyî'TfJut' . . . XfiCt '/tvùijxovrru TO «vreHoûirtov eauT/jç opâ. iccjxrrj o-j-jy.TOy.r. xarr' xu/pôrspct tgïç tov <tûjjlktoç pùsit /^oôi<T0u.i etç re Tào'vra X0C( ~y. y.r, fj-jzv..

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