‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 270 sur 480 · H. E. il, r* (éd. SchulzeJ · texte numérisé non relu

H. E. il, r* (éd. SchulzeJ

2. XVI, 10, 13 sqq. Eyssenhardt, p. 77. — 3. Hist, trip. V, 18. 4. Hist. sacr. II, 39. — 5. H. E. IV, 3.

Cette supposition explique la conduite ultérieure dupape en face des Ariens. Nous ne lisons en effet nulle part qu'il ait rétracté formellement sa souscription quelle qu'elle ait été, ni qu'il ait renoué avec saint Athanaseune communion problématiquement rompue, mais bien qu'il ne prit aucune part aux décrets de Rimini (359, 360) *. De la lettre du pape Siricius 2 de l'année 386 à l'évêque Himerius de Tarragone nous apprenons que Libère avait cassé les décrets de Rimini et avait défendu par un décret général de renouveler le baptême de ceux qui revenaient de l'Arianisme. En outre on sait qu'il ramena à la profession de la foi de Nicée les évêques qui, à Rimini, avaient cédé à la violence et à la persuasion en signant la troisième formule de Sirmium. C'est ce qu'il annonce lui-même dans sa belle lettre aux évêques du parti macédonien (alors semi-arien) qui avaient envoyé des députés à Rome et y avaient reconnu (en 366), à la demande de Libère, l'homousienicéenne. « Ettous ceux qui, écritle pape3, ont alors été réunis et convaincus ou trompés à Rimini sont maintenant revenus à résipiscence, ils ont rejeté le symbole dressé là et souscrit la foi catholique et apostolique proclamée à Nicée et renoué avec nous la communion ». Une attitude pareille du pape ne s'expliquerait pas s'il avait pu s'attendre au reproche d'avoir lui aussi souscrit une formule opposée à celle de Nicée et d'avoir renié la foi.

Saint Ambroise qui a vécu avec Libère l'appelle un saint

1. Le Pape en union avec 90 évêques d'un concile romain de l'année 372 ^crit : (Ep. 3, 1 [interpret. antiq. ; éd. Constant, p. 489]. En grec chez Theod. H. E. II, 17 [éd. Schulze]. Cf. Ja'ffé, Reg. PP. RR. No. 232) : Neque enim praejudicium aliquod nasci potuit ex numéro eorum, qui apud Ariminum convenerunt, cum constet, neque Romanum episcopum, cujus ante omnes fuit expctenda sententia, neque Vincentium... consensum aliquem commodasse. Cf. Sozom. H. E. VI, 23.

2. Vide Constant, PP. RR. epp. (éd. Schonemann, p. 408) c. 1 : Quod non licet, cum... post cassatum Ariminense concilium missa ad provincias a venerandae memoriae praedecessore meo Liberio generalia décréta prohibeant etc.

3. Cette lettre est .rapportée par Socrate (H. E. IV, 12) Cf. Sozom. H. E. VI, 10.

(sanctus sanctae memoriae){ . Basile montre Libèreengagé clans une affaire d'où il ressort non seulement qu'il fut attaché à la foi de Nicée, mais d'où peut être encore tirée une preuve que les évêques romains d'alors, savaient conformément au concile de Sardique revendiquer leurs droits de primauté jusque dans l'Orient2. En effet dans une lettre aux Occidentaux, il parle d'un évêque Eustathe de Sébaste qui déposé pour cause d'Arianisme à Mélétine s'était tourné vers Rome et était revenu avec une lettre d'après laquelle après avoir peut-être fait profession de la foi de Xicée, il avait obtenu de Libère son rétablissement. Le concile de Tyane, à ce que disait saint Basile, l'avait sur la foi de cette lettre rétabli dans ses fonctions; mais redevenu inconsistant et vacillant, il était retombé dans l'hérésie.

Malgré cela il est étonnant que le martyrologe romain n'ait pas admis Libère comme un saint, mais bien l'antipape Félix, qu'il donne comme un saint martyr, quoique ni Optât3 ni saint Augustin* n'insèrent Félix dans leurs catalogues des évêques romains. Il ne peut être tenu pour pape légitime quoique Baronius ait voulu le faire passer pour tel. Philostorge remarque5 au contraire que peu après le retour de Libère il se retira sur ses biens, et la préface de l'écrit déjà mentionné des prêtres romains Faustinus et Marcellin place sa mort à l'année 365 où un martyre de Félix est bien invraisemblable.

§ 86 (Suite)

La Papauté à la fin du IVe et au commencement du V3 siècle et la doctrine de la primauté chez saint Jérôme, Optât, Chrysostome et Augustin.

1. Damase succéda à Libère depuis 367. Au concile romain de 372, il déclara que la confirmation des décrets des autres conciles par l'autorité suprême de l'Eglise

I. [mbros. De virgg. III, c. I. 4§ 1. 15. — 2. Basil. Ep. 263, 3 (éd. Maur.). 3. L. Il, 3. 4. Ep. !i3, 2 (éd. Maur.}. — 5. H. E. IV, 3.15.

était la condition de leur validité, comme l'avait dit avant lui le pape Jules Ier, nous l'avons déjà remarqué plus haut. Dans les lettres de ce concile aux évêques d'Illyrie le pape réclame avec tant d'énergie la reconnaissance de la foi de Nicée qu'il annonce vouloir déposer tous les évêques attachés à l'Arianisme, afin que la véritable foi fût prêchée partout au peuple chrétien ; preuve que Damase avait1 bien le sentiment vivant de la suprême autorité judiciaire du pape sur toute l'Eglise. Il rejeta dans un autre concile romain {382) les erreurs d'Apollinaire et prononça sa déposition comme celle de son disciple Timothée2. Mais il est d'un tout aussi grand intérêt d'apprendre comment un contemporain et ami de Damase, saint Jérôme entendait le ministère de docteur et de pasteur suprême de l'évêque de Rome. A cette époque dominait à Antioche ce qu'on appelait le schisme Mélécien, quoique il y eut trois partis à se disputer le siège patriarcal, à savoir Yitalis du parti des Apollinaristes, Mélèce et enfin Paulin qui avait été installé par Lucifer après le concile d'Alexandrie. Entre ces deux derniers existait aussi un différent de terminologie théologique : pouvait-on parler de trois ou d'une seule hypostase en Dieu? Saint Jérôme fut interrogé par ses moines sur le parti avec lequel il fallait entretenir la communion. Il n'osa pas donner une décision, il s'adressa au pape Damase avec qui les trois partis avaient eux-mêmes demandé à entrer en communion. Le sentiment de l'unité de l'Eglise, en tant que corps mystique du Christ, fut en effet si vivant, en tous les temps et en ce moment même, que toutes les Eglises de l'univers voulaient se faire connaître par des signes extérieurs comme des membres de cet unique corps. Dans le droit aujourd'hui en vigueur c'est à cela que sert entre autres choses la préconisation des évêques par le pape. Dans l'antiquité, par suite de l'institution des patriarches, la nomination ou l'installation des évêques fut l'œuvre des patriarches ou des métropolitains. En tant que patriarche de l'Occident

t. Sozom. H. E. VI, 23. — 2. Theod. H. E. V, 11 (éd. Schulze).

l'évêque de Rome avait bien pour cette partie du monde le droit de pourvoir aux sièges métropolitains et avant l'établissement de l'institution métropolitaine celui de pourvoir à tous les évêchés. En Orient les églises principales fondées par les Apôtres avaient gardé à ce point de vue des privilèges spéciaux. Parmi elles quelques-unes figurèrent bientôt aux premiers rangs, par exemple celles d'Alexandrie, d'Antioche,de Césarée,de Jérusalem. Dans ces patriarcats ou ces diocèses la provision des sièges vacants était l'affaire des patriarches. Mais ceux-ci se trouvaient cependant dans la dépendance de l'évêque de Rome et ils recevaient de lui sinon une autorisation formelle et expresse du moins tacite, parl'envoi ce des litterae formatae sive communie atoriae* par les échanges réciproques des inthronistica ou par l'admission au culte commun, à la communion.il est rapporté de l'empereur Théodose Ier qu'il avait appelé à diverses reprises l'évêque Flavien d' Antioche à Constantinople et lui avait imposé de demander à l'évêque de Rome l'admission et l'adhésion à sa communion, afin de terminer ainsi le schisme d'Antioche1.

Rome était donc considérée comme le centre de cette fédération, comme le chef visible du corps du Christ. Quiconque fait partie des enfants de l'Eglise cherche la communion avec Rome et quiconque a voulu se disculper du reproche d'hérésie ou de schisme a dû se mettre en état d'établir sa communion avec l'église de Rome. Ce critérium ^ut d'autant plus d'importance depuis que les autres églises apostoliques eurent, dans la personne de leurs chefs les évêques, brisé le fil des traditions apostoliques et tombèrent dans l'hérésie. Rome où l'hérésie n'avait jamais eu accès sur le siège épiscopal était devenue d'autant plus le phare de l'orthodoxie. Ainsi éclatait de plus en plus dans toute sa netteté la foi dans l'infaillibilité de l'évêque de Rome, en ce sens que dans cette église la tradition apostolique n'avait jamais été troublée. Dès lors l'évêque de Rome

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