Theod. H. E. V, 24 (éd. Schulze
fut tenu aussi pour le juge suprême et infaillible en matière de foi et de mœurs, parce qu'on reconnaissait en général la tradition apostolique authentique, et pure comme la règle de foi et que nulle part elle ne pouvait se trouver mieux que dans l'église de Rome, même quand on ne se fondait pas expressément sur la promesse du Christ à Pierre et à ses successeurs comme sur la nécessité d'un tribunal souverain et sans appel auprès de l'autorité suprême de l'Eglise.
C'est en ce sens que saint Jérôme demande au pape un jugement décisif; car il a la conviction que celui qui est en communion avec Rome et son évêque doit être considéré par lui comme un membre de l'unique Eglise1. Quiconque veut obéir au Seigneur comme disciple et écolier doit se rattacher à l'Eglise romaine au siège de Pierre; sur ce rocher a été bâtie l'Eglise, et qui ne se trouve pas dans cette arche est au fond de l'abîme. Qui n'est pas en communion avec Rome n'appartient pas au royaume du Christ, mais à celui de l'Antéchrist2. Saint Jérôme se déclare prêt à suivre la décision de Rome, même quand elle serait favorable à Mélèce dont il tient l'expression trois hypostases pour hérétique.
11 estime qu'on est catholique dans la mesure où l'on partage la foi de l'Eglise romaine et hérétique dans la mesure où l'on s'en éloigne8.
1. Hier. Ep. 16, 2 (éd. Vallarsi) : In très partes scissa ecclesia ad se rapere me festinat, monachorum circa manentium antiqua in me surgit auctoritas. Ego intérim clamito : Si quis cathedrae Pétri jungitur, meus est etc.
2. Hier. Ep. 15, 2 : Ego nullum primum nisi Christum sequens, beatitudini tuae, id est cathedrae Pétri communione consocior : super illam petram aedificatam ecclesiam scio. Quicumque extra hanc domum agnum comederit, profanus est. Si quis in Noe arca non fuerit, peribit régnante diluvio... Nonnovi Vitalem, Meletium respuo, ignoro Paulinum. Quicumque tecum non colligit, spargit ; hoc est, qui Christi non est, Antichristi est.
3. Adv. Ruf. I, 4 : Fidem suam quam vocat ? eamne qua Romana pollet ecclesia ? an illam, quae in Origenis voluminibus continetur? si Romanam responderit : ergo catholici sumus, qui nihil de Origenis errore transtulimus. Sin autem Origenis blasphemia, fides illius est : dum mihi inconstantiae crimen impingit, se haereticum probat. Cf. Ep. (ad. Demetriam)
D'autre part, saint Jérôme voit bien que même le pouvoir sxécutif de l'Eglise doit avoir son point culminant dans un ;hef unique , si les sectes hérétiques et l'éparpillement ichismatique ne doivent dissoudre l'unité de l'Eglise et ■éduire à néant1 l'intention qu'a eue Dieu de fonder une communauté embrassant tous les hommes.
2. Damase eut pour successeur le pape Siricius (384-398). je n'est pas sans doute un témoigage particulier en faveur le la primauté que la condamnation et l'excommunication lont ce pape frappa les erreurs de Jovinien dans un concile •omain (390) ; car ces mesures furent prises par d'autres ivêques contre les hérétiques ; mais il exigea lui-même des ivêques d'Illyrie qu'ilsprissent ces mesures contre Bonosus2. De plus il est le premier dans la série des papes dont les orlonnances ecclésiastiques nous aient été conservées et aient ité recueillies plus tard par Denys le Petit. Elles contiennent les prescriptions qui devaient être observées dans l'Eglise mtièreetqui témoignent ainsi du pouvoir législatif suprême lu pape sur toute l'Eglise, comme par exemple la lettre de siricius à Himérius de ïarragone. Il y mentionne le décret général [décréta gêner alla) cité plus haut6 du pape Libère, sur la réintégration des Ariens et charge l'évêque Himé- *ius de communiquer comme règle de conduite les prescriptions pour les clercs, les statuts du siège apostolique Si tous les évêques d'Afrique, d'Espagne et des Gaules3. Pareillement, dans la sixième lettre, il donne des lois générales, car à Jui a été confié, dit-il, le soin de toutes les églises {cura omnium ecclesiarum). Pour les papes suivants les décrets et les rescrits de ce genre se multiplient.
130, H) : 1 1 1 iid te pio caritatis afïectu praemonendum puto, ut S. Innocentiir qui apostolicae cathedrae successor est, teneas fidem ; nec peregrinam, [juainvis tibi prudens callidaque videaris, doctrinam recipias.
1. Adv. Jov. I, c. 26 : Propterea inter duodecim unus eligitur, ut capite constituto schismatis tollatur occasio. Cf. C. Lucif. n. 9.