V. plus haut
4. Innoc. I. Ep. 29 chez Coustant (p. 888) ; inter Aug. Ep. 181 (éd. Maur.).
5. Innoc. I. Ep. 30 chez Coustant (p. 896) ; inter Aug. Ep. 182.
cinq autres évêques du Nord de l'Afrique s'adressèrent1 encore à Innocent Ier, pour apprendre si leur doctrine était d'accord avec celle de l'église romaine et découlait de la même source qu'elle, à savoir de la religion apostolique ; et la décision qui vint de Rome eut aux yeux de saint Augustin assez d'importance pour qu'à son arrivée, il s'écriât triomphant : Causa fînita est2.
Le successeur d'Innocent Zozime soumit l'affaire pélagienne à un nouvel examen après qu'on lui eut présenté de Pelage et de Célestius une profession de foi d'apparence orthodoxe et où ils semblaient rétracter leurs erreurs antérieures ; il demanda de nouvelles explications aux évêques du Nord de l'Afrique, mais condamna de nouveau les erreurs pélagiennes dans VE pis tola tractoria, lafit accepter par tous les évêques de l'univers et déposa ceux qui la repoussèrent3. Le successeur de Pelage, Gélestin fut aussi sollicité par Prosper et Hilaire de donner dans les querelles du semipélagianisme un jugement décisif.
5. Saint Augustin mérite aussi, dans cette question de la primauté, une place à part parmi les témoins et les champions de ce dogme. Sa profonde conception de l'unité de l'Eglise et sa lutte contre les Donatistes devaient le conduire à ce principe de foi. Sans doute à plusieurs reprises il entend le passage classique de saint Matthieu (XVI, 17) : « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise » dans ce sens que le Christ se désignait lui-même comme cette pierre (petra), mais il a nommé l'apôtre Pierre dans le développement de ce passage comme le résumé de la chrétienté bâtie sur cette pierre *. Pareillement saint Augustin voit dans