I. Mansi VI, HT. — 2. Léo. M. Ep. 105, li [Bail. I
l'évêque de Constantinople de vouloir prendre la suprématie sur l'Orient. L'histoire a bien montré plus tard comment cette usurpation a eu pour conséquence la rupture par l'Orient de l'unité de l'Eglise universelle. La règle approuvée à Nicée n'entraînait pas encore le même danger, d'autant que les trois patriarches avaient presque des droits égaux en Orient; ce danger ne devait naître que le jour où l'évêque de Constantinople viendrait à se les subordonner et à se faire prendre pour leur chef. C'est dans cette même affaire que saint Pierre Chrysologue, évêque de Ravenne, écrivit à Eutychès et l'avertit de donner suite à la décision prise par le pape Léon, car saint Pierre qui continuait à vivre sur son siège et à présider assurait la vérité à ceux qui la cherchent sincèrement1.
3. Ce qui avait principalement déterminé le pape Léon à rejeter le 28e canon de Chalcédoine, ne resta pas longtemps un simple objet de terreur, mais fut bientôt, hélas! une réalité. Dans l'histoire de l'évêché de Constantinople on voit en général quels dangers crée l'air de la cour pour la dignité épiscopale. Tout naturellement l'évêque de cette ville fut déplus en plus entraîné dans la politique et d'autre part l'empereur s'habitua au même titre à s'ingérer dans les affaires ecclésiastiques. On vit dans les querelles monophysites comment cette ingérence dégénéra d'une façon corruptrice. Les évêques en vinrent à accepter en toute obéissance les édits impériaux alors même qu'ils concernaient des affaires purement ecclésiastiques. L'Hénoticon avait été composé, sans doute, par l'évêque Acacius de Constantinople, mais il fut proposé à la signature des évêques comme édit impérial. Il rejette, il est vrai, le Nestorianisme et l'Eutychianisme, mais il ne mentionne ni le symbole du quatrième concile général ni l'écrit dogmatique du pape Léon et il prépare ainsi la voie au monophysisme.
Le pape Félix III prononça donc en 484 l'excommunication d' Acacius ; mais celui-ci s'appuyant sur la puissance