Inter Léon, Ep. 25, 2 (Bail. I
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impériale se maintint dans ses fonctions, fit effacer le nom du pape des diptyques et jeta ainsi les fondements du schisme entre l'Eglise grecque et l'Eglise latine.
§ 88 (Fin) La primauté au VIe, Vile et Ville siècles.
A. C'est dans le premier quart du vie siècle que tombe le pontificat dupape Hormisdas (514-523) qui fit reconnaître d'une façon très sensible la primauté de l'évêque de Rome en Orient et la fit prévaloir par l'extinction du schisme qui durait depuis 485. Acacius était déjà mort en 489 et l'empereur Zenon en 491. Le successeur de ce dernier, l'empereur Anastase ne maintint pas seulement l'Hénoticon, il s'enfonça encore davantage dans le monophysisme et se livra à plusieurs actes de violence contre les évêques orthodoxes. Ces mesures n'eurent point le résultat poursuivi par l'empereur, mais un autre tout opposé: elles réveillèrent la foi orthodoxe et l'amour de l'unité de l'Eglise et resserrèrent l'union des fidèles. Par là l'empereur fut entraîné dans une autre voie, surtout lorsque Vitalien se fut soulevé contre lui avec 60.000 hommes qui apparurent devant les portes de Gonstantinople. Les évoques d'Illyrie, de Scythie, et d'Epire s'agitèrent et se tournèrent vers le pape Hormisdas pour le consulter sur l'attitude à garder. Le pape exigea l'adhésion au concile de Chalcédoine, à la lettre du pape Léon et ensuite dans une lettre au métropolitain Jean de Nicopolis du 19 novembre 516. en dehors des points indiqués, la signature par les évêques du libellas dressé par lui. Celui-ci eut une importance d'autant plus considérable que, après la mortsubite de l'empereur Atlianase en 518, le préfet Justin fut élevé sur le trône impérial et celui-ci était un promoteur de cette œuvre de paix. Le patriarche de Gonstantinople y convoqua pour le 20 juillet un concile; les évêques réunis accueillirent les envoyés du pape avec la solennité accoutumée, déférèrent à la demande du pape, souscrivirent la formula Hormisdac
contenue dans le second libellus et célébrèrent officiellement le 28 mars 519, le rétablissement de l'union avec l'église romaine1.
Hormisdas s'employa pareillement en faveur de l'union de l'Eglise, en Espagne et en Gaule, sous le seul chef suprême établi par Dieu, à savoir Févêque de Rome. Sous les papes suivants non seulement l'empereur Justinien, mais encore l'impératrice querelleuse Théodora attachée au monophysismeet le roi ostrogoth Théodoric, favorablement prévenu en faveur de l'Arianisme, s'ingérèrent à plusieurs reprises dans les affaires de l'église romaine en particulier pour se servir des papes.
B. Le Pontificat de Vigile (544-555) forme dans l'histoire du développement de la papauté une phase marquée, moins par son rayonnement que par son éclipse, particulièrement par son attitude dans l'affaire des Trois-Chapitres.
Lorsque peu après son intronisation il partit de Rome sur la demande de l'empereur et se rendit à Constantinople (547) pour prendre part au règlement des questions soulevées par les Trois-Ghapitres, il s'en tint d'abord à l'anathème porté sur eux et évita la communion du patriarche de cette ville, Mennas, qui avec plusieurs autres évoques, avait déjà souscrit l'édit impérial. Dans cette attitude du pape s'exprimait la croyance dominante en Occident. On n'était pas là familiarisé avec les disputes des Grecs; on
1. Dans la Formula on lit (d'après Thiel, Epistolac Rom. Pont. [Brunsb. 1868] p. 754) : Prima salus est, regulam rectae fidei custodire et a constitutis patrum nullatenus deviare. Et quia non potest Domini nostri Jesu Christi praetermitti sententia dicentis : « Tu es Petrus et super hanc petram aedilicabo ecclesiam meam », haec quae dicta sunt rerum probantur efïectibus, quia in sede apostolica immaculata est semper catholica
servata religio Quapropter suscipimus et probamus epistolas beati
Leonis papae universas, quas de religione Christiana conscripsit. Unde sicut praedicimus, sequentes in omnibus apostolicam sedem et praedicantes ejus omnia constituta, spero, ut in una communione vobiscum, quam sedes apostolica praedicat, esse merear, in qua est intégra et vera christianae religionis soliditas. Promittentes etiam sequestratos a communione ecclesiae catholicae, id est non consentientes sedi apostolicae, eorum nomina inter sacra non esse recitanda mysteria.
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redoutait dans cet anathème un coup porté au quatrième concile qui avait rétabli Théodoret et Ibas dans la communion de l'Eglise et on ne voyait en général aucun motif pour frapper encore d'un anathème supplémentaire les écrits de ces trois hommes que l'on ne connaissait pas et dont on n'avait ici rien à craindre. Mais après quelque temps de séjour, le pape put bien se convaincre de la légitimité et de la nécessité relative d'un anathème contre les Trois -Chapitres1 et il entra en communion avec le patriarche Mennas2 (547). Il prit part même avec plusieurs évêques, parmi lesquels Facundus d'Hermiane, à des conférences sur les Trois-Chapitres, et publia en avril 548 le Judicatum où il prononçait un anathème contre les Trois-Ghapitres. Il n'en maintenait pas moins intacte l'autorité du concile de Ghalcédoine en frappant d'anathème non les personnes, mais uniquement les écrits de Théodoret et d'Ibas qui, après abjuration de leurs erreurs, avaient été reçus à Ghalcédoine dans la communion de l'Eglise.
Ceci provoqua un grand émoi dans l'Occident. On représenta le pape comme un apostat qui avait laissé renverser l'autorité du concile de Chalcédoine. Vigile dut exclure de la communion de l'Eglise deux diacres romains, Rusticus et Sébastien, à cause de l'opposition qu'ils lui faisaient et des soupçons qu'ils répandaient ; bientôt après, il dut même les déposer de leurs charges. Il avait dû menacer du même châtiment d'autres agitateurs3 (550). Mais c'est en Afrique
1. C'est bien à cette époque que furent écrites à l'empereur Justinien et à l'impératrice Théodora, les lettres où le pape Vigile prononce l'anathème sur les Trois- Chapitres. Ces lettres furent plus tard remises par un commissaire impérial aux évêques assemblés dans la septième session du Ve concile général. Mais lorsque ces pièces furent lues au VIe concile général dans la troisième session, on considéra ces lettres et celles de Mennas, comme falsifiées, puisqu'il était évident qu'on y avait fait des additions monotbéliles. Avaient-elles été tout à fait interpolées ou simplement falsifiées? il est difficile de le décider en toute certitude.
2. Théophane indique le 21) juillet oïl comme le jour de la réconciliation. Cf. Noris I, 595.