Cf. Mansi IX, 351 sqq
que l'opposition soulevée contre le pape fut à son comble; là un concile de Cartilage, sous la présidence de l'évêque Séparatus de cette ville, exclut Vigile de la communion de l'Eglise1. On comprend naturellement que chez ces évêqties manquait non seulement la foi en l'infaillibilité du pape, mais même la reconnaissance des droits de la primauté qui n'avaient encore jamais été contestés au pape dans l'Eglise. Toutefois cette agitation de l'Occident contribua à rendre Vigile plusprudent. Il s'entendit avecl'empereur pour retirer sonJudicatum et soumettre la question des Trois-Chapitres à un concile général à convoquer ; mais il dut donner à l'empereur la promesse jurée de consentir à prononcer ses anathèmes d'accord avec lui. Il était en outre convenu que ce serment ne serait pas publié officiellement par l'empereur et que la personne du pape serait défendue par lui. Malgré cela, l'empereur rendit de sa propre autorité un second édit contre les Trois-Chapitres. De cela, le pape fut à bon droit mécontent ; il excommunia le patriarche Mennas et les principaux meneurs de la lutte, Théodore Askidas (juillet 551), qui s'était arrogé le droit de déposer le patriarche Zoïle d'Alexandrie. Dès lors, l'empereur eut recours à la ruse et à la violence pour venir à bout du pape ; mais celui-ci, dans l'encyclique du 5 février 552, fit entendre publiquement2 ses plaintes sur les violences qu'on lui avait faites.
A l'occasion du changement qui s'opéra sur le siège patriarcal de Constantinople, où Eutychius succéda à Mennas, il se produisit une réconciliation entre le nouveau patriarche et le pape et l'on s'unit en même temps pour la convocation d'un concile général. Celui-ci fut convoqué bientôt par l'empereur seul à Constantinople et dans des conditions que désapprouvait Vigile. Celui-ci désirait en eiïet une forte participation des évêques d'Occident et la tenue du concile dans une ville italienne ou sicilienne,
1. Yictoris Tunnen. Chron. ad a. 550. Monum. Germ. auet. antiq. XI, 202.