‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 296 sur 480 · In Ep. 2 ad Thess. nom. IV, 2 [Migne LXÏI · texte numérisé non relu

In Ep. 2 ad Thess. nom. IV, 2 [Migne LXÏI

transmise â, et cette tradition il la trouve dans le magistère de l'Eglise universelle, comme dans l'accord des écrits des Pères qui tous avaient reconnu, alors que le Saint-Esprit parlait par eux, qu'il n'y a pas simple inhabitation du Logos dans l'homme, comme Nestorius le voulait, mais une véritable incarnation du Fils de Dieu2. D'après le contexte ()«>ouvtoç ht KÙTbis toC ayto-j IïveupeTo;), il paraît admettre au moins dans les doctrines concordantes des Pères même une inspiration. Il emploie ce terme pour les Pères réunis à Nicée ; aussi a-t-il voulu soutenir également que ce symbole de Nicée, consacré par une sanction divine3, devait être gardé maintenu et admis par tous comme quelque chose d'inviolable. A ces doctrines traditionnelles qui sont gardées par toute l'Eglise et attestées par tous les Pères appartient aussi celle de la divine maternité de Marie4.

9. Sur ce point de doctrine comme sur la plupart des questions théologiques; sur le rapport mutuel des deux sources de la foi sur le ministère doctoral de l'Eglise, saint Augustin est d'une profondeur et d'une exactitude singulier*-.

a) Les écrits canoniques de l'Ancien et du Nouveau Testament occupent chez lui la première place. C'est chez eux que dans la lutte contre les plus diverses hérésies, il va prendre les arguments principaux pour la défense de la foi; à eux comme nous le verrons plus bas, il reconnaît l'inspiration et Tinerrance et parla expressément le premier rang parmi les sources de la foi 5. Certes il pense en outre que les saintes Ecritures par rapport aux points dont la croyance est une condition indispensable de salut s'expriment assez clairement

1. Cyr.Âlex. De recta iide ad Thcodos. c. 4 [Migne LXXVI, 1137).

2. Cyr. Alex. Adv. Nesl. IV, 2 [Migne LXXVI, 176). Cf. Ep. 1 [Migne LXXVII, 16).

3. Ep. 17 [Migne LXXVII, 100); Ep. 39 [Migne LXXVII, 180, 181) : Keù fesber oùoévcz oè rpdTrov voùsùeTÔect ~pb^ rtvuv y.Jiyôij.-Jjy. tt,v àpivQeîvoiv TrcbTtv, r,rot. rè

T'.i —i~-V,>- TJfJ&oXoV) TCV.pv. rfiv V.yt'w y,ij.W TîV.rép'j)-;, TÛV h NtXKÏK 7UVsX0dvT(ùV Z'/T«

WXipoVi' ... Où ykp ifoaLv KÙroî ol ÀccloùvrSi èùX y.ùzo ri t.-jiùu.v. tou 0-:oj x«( Tl<y.Tpd$.

I. Ep. I [Migne LXXVII, 13). — 5. Àug. Ep. 54, I. De bapt. II, 3, 4.

pour chacun et suffisent comme source unique. A ce sujet notamment il explique que la sainte Ecriture se serait clairement exprimée sur le créatianisme ou le traducianisme, s'il y avait eu là un article de foi au sens indiqué1.

b) Cependant il tient que la sainte Ecriture n'est pas une source de toi suffisante pour tout. La tradition apostolique orale doit s'y adjoindre pour la compléter et l'éclaircir. Elle complète la sainte Ecriture en ce qu'elle contient maintes doctrines et maints usages qui ne se trouvent pas dans la sainte Ecriture, mais qui cependant dérivent des Apôtres et qu'il faut embrasser avec la même foi et observer avec la même obéissance que le contenu des saintes Ecritures2. Il range dans cette catégorie l'usage de ne conférer le baptême qu'une fois et de ne pas le réitérer3, comme celui de le conférer aux enfants qui ne parlent pas encore, pour la rémission de leurs péchés. C'est de ce dernier usage qu'il tire dans ses écrits contre les Pélagiens la preuve la plus frappante du péché originel4 et il cherche surtout à développer la preuve que la tradition apporte en faveur de ce dogme. Là aussi on voit qu'il assigne pour rôle à la tradition d'éclaircir le contenu des saintes Ecritures. Il approuve le principe déjà invoqué par le pape Etienne dans la lutte contre les hérétiques et exprimé aussi par saint Cyprien, à

1. De pecc. mer. et rem. II, 36, 59 : Ubi enim de re obscurissima disputatur, non adjuvantibus divinarum scripturarum certis clarisque doeumentis, cohibere si débet lmmana praesumptio nihil faciens in partem alteram declinando. Etsi enim quodlibet borum, quemadmodum demonstrari et explicari possit, ignorera : iilud tamen credo, quod etiam hinc divinorum eloquiorum clarissima auctoritas esset, si homo id sine dispendio promissae salutis ignorare non posset.

2. Ep. 54, 1 : Illa autem quae non scripta sed tradita custodimus, quae quidem toto terrarum orbe servantur, datur intelligi vel ab ipsis Apostolis, vel plenariis Conciliis, quorum est in ecclesia saluberrima auctoritas, commendata atque statuta retineri.

3. Ail g. De bapt. V, 23, 31 : Sed consuetudo illa, quae opponebatur Cypriano, ab eorum (Apostolorum) traditione exordium sumpsisse addenda est, sicut sunt multa quae universa tenet ecclesia, et ob boc ab Apostolis praecepta bene creduntur, quamquam scripta non reperiantur. Cf. II, 7, 12; IV, 6, 9.

Page 1