Cyr. Hier. Cat
l'âme ; sans elle, il est sans vie, incapable de pécher1. L'homme est un animal rationale (Çwov ).oyixôv), c'est-àdire un être vivant qui se distingue de tous les autres êtres par la raison, le pouvoir déjuger et de raisonner2.
Saint Athanase ne se prononce pas seulement de la même façon en faveur de la dichotomie ; il combat expressément une autre opinion qui présente l'âme humaine comme une simple forme de corps (^atvô^svov eïSoç tov a-wpaToç) et méconnaît la différence essentielle entre l'âme raisonnable et le principe vital de l'animal. Que l'intelligence rationnelle qui, d'après saint Athanase, distingue spécifiquement l'homme, en tant qu'animal rationale, de tous les autres animaux vivants soit quelque chose de spécifiquement différent de l'activité sensible, propre aussi à l'animal, cela se voit dans le fait que la raison s'étend non seulement à ce qui est présent et matériel, mais encore à ce qui n'est pas présent dans l'espace. Elle juge spontanément des objets s'ils sont ou non du ressort de la volonté libre, et elle donne cours alors à son désir supérieur, intellectuel, mais non nécessairement, comme en use chez l'animal la perception sensible vis-à-vis de l'appétit sensible. La raison plane sur les sens comme juge ; elle saisit ce qu'ils lui offrent, distingue et juge ainsi ce qui pour les divers sens est bon, utile ou mauvais et nuisible ; par contre,' les sens n'exercent leur activité que sur un champ très restreint, les yeux se bornent à voir, les oreilles à entendre, etc. La raison s'étend en général bien au delà de la portée des sens ; elle peut non seulement planer dans des mondes lointains et disposer l'avenir, mais saisir l'éternel, le céleste et reconnaître les lois du bien et du mal8 .
Saint Basile en définissant la nature de l'homme relève surtout l'esprit et la raison et appelle le corps notre propriété. « Nous sommes, dit-il, esprit et raison, et c'est en cela que nous portons en nous l'image du créateur ; le corps
\. Cat. 4, 23. — 2. Cat. 4, 18. — 3. Athan, Orat. c. Gentes 31 (éd. Maur. 1,24).