‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 4 sur 480 · NATURE DE L HOMME O · texte numérisé non relu

NATURE DE L HOMME O

et les sens sont notre propriété1. » Saint Grégoire de Nysse délinit l'homme absolument comme Cyrille de Jérusalem 2.

Pour saint Grégoire de Nazianze la nature humaine est également dichotomique, elle est un composé de monde spirituel et de monde matériel : « Lorsque donc vint pour le Logos le moment de montrer cela (c'est-à-dire un mélange de monde spirituel et de monde matériel, comme terme final de sa manifestation dans la création), il créa un être composé de deux autres, c'est-à-dire la nature invisible et la visible, l'homme, et pour cela de la matière qui était déjà créée, il prit le corps ; de lui-même il fit sortir un souffle de vie ; ce que la sainte Écriture appelle l'âme raisonnable, l'image de Dieu. Ainsi fut fondé sur la terre un monde nouveau, qui est grand dans un petit espace, un autre ange, un double adorateur qui connaît la nature visible et invisible, un roi de la terre, qui est en même temps sujet à un inonde supérieur, qui, terrestre et céleste, périssable et immortel, visible et intelligible est un mélange de grandeur et bassesse, qui est à la fois esprit et chair, esprit par grâce, chair à cause de l'orgueil ; l'un, afin de subsister et de proclamer la gloire de celui qui la comble de grâce, l'autre afin de souffrir, et afin qu'averti par la souffrance, il soit corrigé quand il s'enorgueillit de sa grandeur, un être vivant qui est conduit et se dirige vers ailleurs pour être divinisé par l'union de l'âme avec Dieu3 ».

Lorsque l'Apollinarisme supposa la trichotomie et voulut composer la nature humaine de trois éléments constitutifs, le corps, l'âme et l'esprit pour modifier ainsi le dogme de l'Incarnation, saint Athanase et particulièrement saint Grégoire de Nysse firent ressortir ce qu'il y avait de grandement erroné dans ces opinions anthropologiques4. C'était dès ce temps un dogme christologique universellement admis et adopté par les conciles généraux que le Seigneur

1. Basil. Hom. in illud Attende tibi ipsi c. 3 [Migne XXXI, 204). — 2. De nom. opif. c. 8. pour plus d'exactitude v. plus bas, p. 53. — 3. Greg. N'az. Orat. 45, 7; 38, 11. — 4. C. Apoll. 35, v. plus haut p. 293.

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