‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 30 sur 480 · SAINT BASILE · texte numérisé non relu

SAINT BASILE

libre arbitre de l'homme, de se conserver dans cet état de grâce ou d'en déchoir. Il y avait donc quelque chose d'accidentel à la nature dans cet état de grâce. Non moins péremptoire est l'explication de saint Basile sur l'état primitif des Anges, où il distingue nettement la création opérée par la parole de Dieu, de la sainteté opérée en eux par l'Esprit-Saint. Il regarde cette dernière, non comme une acquisition faite par des efforts moraux, mais comme un accident communiqué par Dieu à leur nature, une sorte de grâce infuse 4.

3. Le péché, qui a commencé dans le monde par Adam et de la façon que nous venons d'exposer, n'est pas resté enfermé dans notre premier père. Celui-ci nous l'a communiqué à tous2. Le péché d'Adam est devenu la propriété de chacun et a constitué une dette pour le monde. « L'intempérance a livré Adam à la mort et par le plaisir du ventre a fait contracter la dette au monde3. » En vérité, la faute d'Adam n'a pas été seulement imputée à tous, elle est véritablement passée à tous, tout comme le mérite du Christ, susceptible de s'étendre potentiellement à tous les hommes, s'applique véritablement à ceux qui par le baptême et la régénération spirituelle entrent en communion de vie avec le Christ*.

>aint Basile ne nous donne aucune explication plus détaillée sur la manière dont toute la descendance d'Adam a été impliquée dans son péché, mais l'opposition qu'il

1. Basil. In Ps. 32, 4 : Ov yy.p VYflziot xTicôévreç ol xyyô.ot, sira reksitûBévreç Tvj xaT QAtyov u.ù.ï~r(, ovto)£ ylioi T7Jç to'j 7rjsv[j.c<.~oz vno<io%Yiç yôyôva(Ttv* y.// ij rr, 7epâ)TYi OWfâo"6t nui tw cAq'jû yvpy.[j.c/.~i zijç qvtlu; aÙTcSv crvyxa- Taphr)B$ï(Tocv ïzyjj'j rrjv iryiQTrjra.

2. Hom! la faraem et aicc. c. 7 (éd. Maur. II, 70] : 'ù; yàp 'ASàp xaxùç focyùv tyjv ipctpricw jrapéresti^sv,

:i. Sermo de iv,nunt. saeculi c. 7 (Maur. II, 208): Avttj (yourvpipoLpyia) tov Aoôfx ôocvàru Try.rAow.z, xaè tÇ xôo'pw T'jvrûstav hrirvaryt Stà t/,v tou yutrrpbç rçoovr/V. EwTéXwa signifie « impôt» et dans un sens large «dette». A un autre endroit du « Sermo de jejunio » saint Augustin allègue le C. Jul. I, 5, où on lit : « Parce que nous n'avons pas jeûné, nous sommes tombés du Paradis. »

Page 1