‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 302 sur 480 · Actio octava (Mansi XIII · texte numérisé non relu

Actio octava (Mansi XIII

Aussi saint Cyrille soutient-il expressément que nous devons recevoir le canon des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament de l'Eglise1. Rufin remarque qu'il avait tiré son canon de la tradition des ancêtres 2. Mais celui qui s'est exprimé le plus clairement là-dessus, c'est saint Augustin. On ne peut pas dire en effet que la critique des traditions oralespuisse à elle seule résoudre laquestion de la canonicité de tous les livres. Plusieurs livres ont trouvé çà et là contradiction. Un examen critique n'est pas en état de produire une pleine certitude. C'est dans une telle situation que se trouve saint Augustin vis-à-vis des Manichéens qui entre autres ruses recouraient à celle de mettre en circulation des écrits portant le nom des Apôtres. Ils rejetaient en effet le principe d'autorité et la foi elle-même en donnant contre les Gnostiques la science comme moyen d'arriver à la connaissance religieuse ; ils avaient néanmoins fabriqué un Evangile où Mani était appelé apôtre de Jésus-Christ, et ils prétendaient faire croire à ces rêveries. Saint Augustin voit là non une inconséquence maisune pure fantaisie, car leur foi n'avait aucun fondement sérieux. Dans l'Eglise la foi aux Ecritures canoniques est fondée sur ce fait que l'Eglise les certifie par son autorité. Dans cet ordre d'idées le saint Docteur déclare qu'il ne croirait pas à l'Evangile si l'autorité de l'Eglise ne l'y incitait 3.

L'Eglise en effet peut d'un côté faire remonter la série de ses témoins jusqu'au temps des Apôtres duquel dérivent ses écrits, seule elle peut faire valoir la tradition orale apostolique comme une preuve suffisante de l'inspiration des livres canoniques. L'hérésie ne le peut pas 4. Saint Augustin

1. Cyr. Hieros. Cat. IV, 33 : ^ùo/ixxôuç, k-nïyvoiQt, xat -nv.pà. rr^ èxxAvjo-tas, pè» Etcrtv al T/fc TraJ.atà; Sty.drjy.yç, fit'j&Xoif Tioïcu ok rfji xatvîjç.

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