‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 303 sur 480 · Rufin. Expos, in symb. Apost. c · texte numérisé non relu

Rufin. Expos, in symb. Apost. c

3. Aug. G. ep. Manich. c. 5, §6 : Ego vero evangelio non crederem, nisi me catholicae ecclesiae commoveret auctoritas. Cf. c. Faust. XXII, 79.

4. C. Faust. XXII, 79 : Legunt scripturas apocryphas Manichaei, a nescid quibus auctoribus fabularum sub Apostolorum nomine, qui tune in hac vita erant et examinare talia poterant, eos vera locutos esse cognoscerent.

demande1 donc aux Manichéens : « Quelle origine et quel âge pouvez-vous assigner à ces livres allégués? Quelle série de témoins pouvez-vous invoquer? Essayez seulement et vous ne trouverez rien à présenter. Voyez ce que peut à ce sujet l'autorité de l'Eglise catholique qui est garantiepar une série ininterrompue d'évêques sur les sièges fondés par les Apôtres jusqu'aujourd'hui - et par l'accord de la foi de tant de peuples ». D'autre part l'Eglise en tant qu'institution dirigée par l'Esprit-Saint donne à son jugement une autorité infaillible.

Cependant saint Augustin ne tombe-t-il pas dans le cercle vicieux tant de fois signalé, quand il démontre l'Ecriture par l'Eglise et l'Eglise par l'Ecriture ? Non, il n'y a pas là de cercle vicieux. La canonicité et l'inspiration des livres saints ne peuvent être suffisamment garanties que par l'autorité infaillible, quoique leur authenticité, leur intégrité et leur crédibilité soient assurées par des témoignages humains. Pour la foi certaine, inébranlable et divine à la canonicité et à l'inspiration, nous n'avons pas besoin d'un témoignage divin ou d'une garantie par la véracité divine, mais sur cette révélation de Dieu relativement à l'inspiration des saints Livres, seule l'Eglise en tant que représentant Dieu sur la terre, peut nous en rendre certains ; car elle examine les témoignages de la tradition sous l'assistance du Saint-Esprit. Or l'Eglise allègue en faveur de sa divinité et de son infaillibilité les saintes Ecritures en tant que monuments et témoignages authentiques des temps apostoliques, comme le fait saint Augustin lui-même3, surtout en face de ceux qui entendent maintenir les livres sacrés comme une autorité, mais elle a encore d'autres motifs (motiva credibilitatis) pour établir en bonne et due forme la foi en sa divinité. Dans le passage même où saint Augustin fait certifier la canonicité des saints livres, tout d'abord par l'autorité de l'Eglise catholique, il invoque quelques-uns de ces motifs de

\. C. Faust. XI, 2.

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