‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 316 sur 480 · Euseb. Caes. H. E. III · texte numérisé non relu

Euseb. Caes. H. E. III

2. D'après saint Aug. De civ. Dei XV, 23, 4, apocryphe vient de KTioxpimTeîv, quod eorum origo non claruit patribus. Parfois aussi on appelait apocryphes, p. ex. Grég. de Nysse (Or. in ordinat suam. Migne, XL VI, 549) des livres qu'on ne devait pas lire dans l'Eglise, ainsi Rufin (In syrabol. c. 38), Athanase (Ep. fest. 39).

futurs deutérocanoniques, qui étaient écrits en grec, étaient exclus de l'Ancien Testament. Canon voulait dire primitivement règle de foi {régula fîdei), symbole de foi ou doctrine de la révélation ' ; et par suite on a nommé également canon le livre ou les livres dans lesquels on pouvait puiser la foi ou qu'on pouvait utiliser comme règle ou base de la foi*. Il en résulta naturellement que dans les controverses contre les Juifs de Palestine, pour couper court aux difficultés soulevées contre l'inspiration de tel ou tel livre, on invoque principalement les livres reconnus par eux. Même dans la discussion avec les païens, les preuves formées par des écrits qui étaient tenus pour divins non seulement par les chrétiens, mais aussi par les ennemis du Christianisme, devaient avoir un poids d'autant plus grand 3. Par ses hexaples Origène avait également contribué à étendre la connaissance des écrits canoniques des Juifs. Malgré cela il est étonnant que ce canon Juif ait été conservé par les Pères grecs après le concile de Nicée. Saint Athanase compte 22 livres canoniques de l'Ancien Testament tout comme Josèphe, avec cette différence que chez Jérémie sont ajoutées les lamentations de Baruch et ses lettres, mais Esther fait défaut4. D'autres livres tels que la Sagesse, Sirach, Esther, Judith, Tobie, la Doctrine des Apôtres et le Pasteur d'Hermas sont à ses yeux des livres simplement ecclésiastiques, c'est-à-dire des livres qui ne sont lus dans l'Eglise que pour l'édification 5. Il les appelle même apocryphes. Saint Cyrille de Jérusalem qui, avec plusieurs autres Pères regarde, conformément à une tradition sans fondement, la traduction des Septante comme inspirée, ne compte également que 22 livres et parmi eux le livre d'Esther6. Saint Grégoire de Nazianze7

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