V. Reusch, Einleit., p. 161. — 9. Hier. C. Vig
tions sur le canon, l'usage a prévalu généralement d'alléguer pour la défense de la doctrine de la foi les livres deutérocanoniques au même titre que les protocanoniques et ordinairement dans les mômes termes (le Saint-Esprit nous apprend, la sainte Ecriture nous dit, et autres semblables) où sont cités les protocanoniques.
Plus décisif est encore le jugement porté sur le canon de l'Ancien Testament dans le Nord de l'Afrique. Ici on était moins familiarisé avec les études des Pères grecs sur le canon juif, et on s'en tenait d'autant plus fortement à l'usage des Pères et de l'Eglise de lire avec le même respect les derniers livres écrits en grec et ceux contenus dans Yltala, la traduction latine des Septante, et de les citer comme les anciens écrits en hébreu. L'Eglise du Nord de l'Afrique exprima sa pensée à ce sujet dans le concile d'Hippone 393 (Augustin était alors prêtre de cette église) en assimilant les livres deutérocanoniques aux protocanoniques et un concile pleinier (c. plenarium) de Carthage 397 partagea ce sentiment. Mais le concile de Carthage ne put ni ne voulut donner son canon comme un dogme indubitable : c'est que, à cause des déclarations en apparence contradictoires des divers Pères, des doutes sur la canonicité de tel ou tel livre étaient possibles. Aussi remarque-t-il, comme le concile d'Hippone, qu'il y aurait à consulter là dessus les Eglises d'outremer1. Ainsi s'exprime encore le concile de Carthage de l'année 419. Saint Augustin se prononce lui aussi dans le même sens, tout en admettant une opinion différente 2. « Par rapport aux livres canoniques qu'on suive l'autorité des diverses églises, parmi lesquelles figurent tout d'abord les églises apostoliques auxquelles ces écrits furent adressés. Qu'on observe pour règle de préférer les livres acceptés par toutes les Eglises à ceux qu'on ne trouve pas admis chez quelquesunes. Relativement à ces derniers qu'on préfère ceux en
\. Hier. C. Vig. 6 : De confirmando isto canone transmarina ecclesia consulatur.