Âvg. Dedoctr. chr
faveur desquels se prononcent les églises les plus nombreuses et les plus distinguées, à ceux qui n'ont pour eux que très peu d'églises et de moindre importance. Mais si un écrit a pour lui les églises les plus nombreuses, un autre les plus importantes, qu'on leur accorde même autorité ». Il s'excuse ailleurs * d'avoir considéré d'une façon catégorique l'Ecclésiastique comme un livre prophétique. Il compte cependant au même endroit du canon de l'Ancien Testament tous les livres deutérocanoniques et parmi eux la Sagesse, et l'Ecclésiastique comme des livres de Jésus de Sirach en ajoutant : qui tamen quoniam in auctoritatem recipi meruerunt, inter propUeticos numerandi sunt2. Dans les Retractations3 il retire ce qu'il avait dit sur l'auteur de ces livres en disant qu'il ne pouvait attribuer le livre de la Sagesse à Jésus de Sirach.
A la suite de la communication aux papes Boniface et Innocent Ier des décrets déjà cités des conciles d'Hippone et de Carthage, saint Augustin se prononçait également pour ce canon dans une lettre à Exupère de Toulouse*. Cependant il n'y eut pas de décret dogmatique formel parce que en raison des opinions contradictoires des Pères on ne pouvait ni ne voulait tenir pour hérétiques tous doutes et toutes hésitations à ce sujet. Grégoire le Grand lui-même s'excuse, quand il a pris ses arguments dans les livres des Macchabées comme dans des livres canoniques5. Néanmoins dans leur usage et dans leurs citations les Pères ne faisaient absolument aucune différence entre les livres protocanoniques et les deutérocanoniques; les scrupules au sujet de ces derniers disparurent peu à peu; leur contenu fut reconnu dès le commencement non seulement en plein accord avec les premiers, mais ils apparurent de plus en plus comme des traits d'union entre le canon juif et le Nouveau Testament.