‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 321 sur 480 · H. E. III, 2d. — 2. Ibid. VI · texte numérisé non relu

H. E. III, 2d. — 2. Ibid. VI

c'est-à-dire la rélégation des écrits douteux dans la classe des apocryphes se produisit aussi pour quelques livres et ainsi il advint que le mot apocryphe prit chez les divers Pères le sens de non canoniques. Saint Jérôme désigne sous ce nom aussi bien les livres deutérocanoniques de l'Ancien Testament que la lettre de Barnabe1. Ce travail de fixation progressive du canon était déjà accompli en ce qui concerne le Nouveau Testament dès le ive siècle. Déjà le concile de Laodicée tenu entre les années 360-364, donne dans son 60e canon un catalogue des écrits du Nouveau Testament et y cite tous ceux qui, en ce moment, étaient tenus'pour inspires à l'exception de l'Apocalypse qui avait été contestée d'abord dans plusieurs églises orientales depuis que les Millénaristes en avaient tiré leurs arguments 2. Saint Cyrille de Jérusalem a le même canon3, mais saint Athanase4 y ajoute l'Apocalypse. En Occident la canonicité de l'Apocalypse ne fut jamais mise en doute, mais celle de la lettre aux Hébreux 5 le fut çà et là. En général nous voyons'au ive siècle, relativement aux livres du Nouveau Testament le même accord en Occident qu'en Orient. Saint Jérôme qui, sur ce domaine, est particulièrement chez lui, connaît bien les doutes soulevés contre les deux livres du Nouveau Testament, contre l'Apocalypse en Orient et contre l'épître aux Hébreux en Occident, mais il les croit sans fondement 6. Saint Augus-

1. Hier. Gâtai. 6. — Prolog, in Reges : Quidquid extra hos est inter apocrypha ponendum. >?•

2. L'authenticité du 60e canon de Laodicée est, il est vrai, contestée par Spittler (Brème 1777), mais ses raisons ne sont pas décisives. V. Héfélé loc. cit. I (2e éd. 776 sqq.). &&g3

3. Cat. IV, 36. — 4. Ep. fest. 39 (éd. Migne XXVI, 1178). l2®

5. Ceci est raconté en divers endroits par Hier. In FJes. VI, 2 ; VIII, 18 comment, lib. III ; In Matth. 26, 8. 9 comment, lib. IV (éd. Y ail. IV, 91, 125; VII, 212).

6. Ep. 129, 3 (éd. Y ail. I, 971) : Illud nostris (Latinis) dicendum est hanc epistolam quae inscribitur ad Hebraeos non solum ab ecclesiis Orientis sed ab omnibus rétro ecclesiasticis graeci sermonis scriptoribus quasi Pauli Ap. suscipi, licet plerique eam vel Barnabae vel Clementis arbitrentur et nibil interesse cujus sit, cum ecclesiastici viri sit et quotidie ecclesiarum lectione celebretur. Quod si eam Latinorum consuetudo

tin 1 donne tout notre canon du Nouveau Testament tel que nous le possédons encore. De même Rufin dans YExpositio in Symb. Relativement au canon duNouveauTestament, l'unité de foi était établie dès la un du ive siècle et l'Eglise avait le sentiment bien vivant de la nécessité de la catholicité de la foi, et à peine entendait-on quelque doute ou opinion dissonnante sur le caractère condamnable d'une contradiction hérétique.

L'acceptation universelle du canon dans toute l'Eglise passait, à bon droit, pour une preuve de sa vérité et de sa légitimité. Cependant Didyme élève encore à la fin du ive siècle quelques difficultés sur la 4e Epître de Pierre 2. Mais les opinions fantaisistes des Manichéens ne troublent plus l'Eglise, dans l'établissement du canon, que comme des voix isolées.

Ceux-ci traitaient les livres saints de la même façon que les Gnostiques ; ils rejetaient l'Ancien Testament, tronquaient ou altéraient ceux du Nouveau Testament, donnaient comme étant des Apôtres des livres apocryphes et les expliquaient avec la plus extravagante fantaisie. C'est contre eux surtout que lutte saint Augustin dans les livres contre Faustus d'où sont tirées plusieurs des vues exposées plus haut sur l'intégrité, l'authenticité et l'inspiration des livres saints et où il fonde la foi au caractère divin des [saintes Ecritures 3.

Mais comme les Manichéens par leurs fantaisies pouvaient facilement produire quelque incertitude, les évêques de l'Afrique du Nord réunirent contre eux toutes leurs forces ; ils fixèrent le canon au concile d'Hippone en 393, de Carthage en 397; et soumirent leurs décrets à l'approbation du chef

non recipit inter scripturas canonicas nec Graecorum ecclesiae Apocalypsin Joan. eadem libertate suscipiunt, et tamen nos utraque suscipimus nequaquam hujus temporis consuetudinem sed veterum Scriptorum auctoritatem Bequentes.

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