‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 324 sur 480 · Or. II, 105, éd. Maur. I · texte numérisé non relu

Or. II, 105, éd. Maur. I

4. Aug. De consens. Evang. I, 35, 54 : Cum illi (discipuli) scripserunt, nequaquam dicendum est, quod ipse non scripserit, quandoquidem membra ejus id operata sunt, quod dictante capita cognoverunt. Quidquid enim ille de suis factis et dictis nos légère voluit, hoc scribendum illi» tanquam manibus suis imperavit etc.

imparfaite1. Dans cette inerrance il reconnaît une supériorité des écrivains bibliques sur tous les autres, qui ont droit à notre foi uniquement dans la mesure où ils sont d'accord avec les livres canoniques2.

C'est seulement dans l'école d'Antioche, où dominait une tendance étroite et rationaliste qui donna naissance à diverses hérésies, que nous rencontrons chez quelques-uns, notamment chez Théodore de Mopsueste à propos de l'inspiration, des vues qui au cinquième concile général donnèrent lieu à quelques accusations sur son orthodoxie. Dans les actes du concile se trouvent divers fragments que les notaires ont tirés des écrits de Théodore. D'après ces extraits il tient le livre de Job pour une élucubration de païen qui a écrit par vaine gloire et le Cantique pour un chant de noces profane de Salomon écrit à l'occasion de son mariage illégal avec une princesse égyptienne :J.

3. Mais l'inerrance n'épuisait pas encore le concept de l'inspiration. Les décrets des conciles généraux sont bien assurés aussi de l'inerrance, car ils ont été portés eux aussi sous l'assistance du Saint-Esprit. Mais doivent-ils pour cela être tenus pour inspirés au môme titre que les Livres saints ? C'est là une question que les Pères n'ont pas tirée au clair. Plusieurs certainement assimilent les décrets des conciles généraux et l'assistance du Saint-Esprit, comme il l'a reconnue à l'enseignement de l'Eglise, aux livres saintsfet à leur inspiration parce qu'ils n'ont principalement en vue que l'infaillibilité. Chez quelques autres apparaît seulement l'idée que, notamment pour la prophétie, il y a eu dans les saintes Lettres un degré particulier d'inspiration4. Ici, il faut en effet que l'action divine illuminatrice et révélatrice

1. Aug. C. Faust. IX, '.'). Ep. 82, 3: Ego enim fateor caritati luae solis sripturarnm libris, qui jam canonici appellantur, didici hune timorem

honoremque déferre, ut nullum eorum auctorem scribendo aliquid errasse Qrmissime credam. Ac si aliquid in ois olîendero litteris, quod rideatnr contrarium veritati, ni li il aliud, quam vel mendosum esse codicem, vel interpretem non assecutum esse, quod dictum est, vel me minime intellexisse non ambigam.

2. Ep. 147, 4. 143, 7. — 3. Mami IX, 223. 227. — 4. Ibid. IX, 223.

du Saint-Esprit se manifeste davantage et que l'action humaine se montre d'autant moins. Du moins, Théodore de Mopsueste remarque que Salomon, l'auteur des Proverbes et de l'Ecclésiastique, a bien eu le don de sagesse, mais non celui de prophétie, puisque les deux d'après I Cor. XII, 8, 10 sont à distinguer. Saint Augustin, au contraire, prouve en un passage déjà cité que même l'auteur de la Sagesse et de l'Ecclésiastique a eu le don de prophétie *.

D'autre part les Pères emploient au sujet de l'inspiration des livres saints des expressions telles qu'on ne peut mettre en doute que dans leur croyance elle ne contienne une excitation positive à écrire. « Si l'évangéliste Jean nous parle, dit Ghrysostome 2, et nous raconte ce qui le concerne, il faut considérer sa race, sa patrie et son éducation. Mais parce que ce n'est pas lui qui nous parle, mais Dieu qui nous parle par lui, tout cela est superflu. Cependant cela n'est point superflu à un autre point de vue. Si on entend en effet qui il est et d'où il est descendu et que, d'autre part, on compare son langage et sa philosophie, on se convainc facilement que ce qu'il rapporte ne lui appartient pas mais vient de la puissance divine, qui a mis son âme en

mouvement (r/jç -/tvovov/ç aùrou tïjv ^u^r/v) )).

Cependant l'inspiration du Saint-Esprit n'a pas supprimé la coopération de l'homme. C'est par celle-ci que saint Jérôme 3 explique diverses particularités de style chez l'Apôtre saint Paul, des solécismes, des hyperbates et des périodes brisées. Saint Augustin cherche également à s'expliquer les différences entre les quatre Evangélistes par ce fait que chacun a écrit les choses comme sa mémoire les a conservées4. Néanmoins l'un a eu égard à l'autre, l'a complété et a joint sa coopération à l'inspiration, si bien que saint Matthieu et Marc, qui est encore plus résumé, ont représenté

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