Aug. De consensu Evang. II
le Seigneur comme roi, Luc l'a présenté comme grandprètre et Jean comme Fils de Dieu l. A cause de cela même les Pères se déclaraient contre l'idée que les Montanistes se faisaient de l'inspiration, en la présentant comme semblable à l'extase et accompagnée d'abolition de la conscience2.
4. En ce qui concerne les motifs de la foi en l'inspiration ; ils peuvent être tirés en partie des saintes Ecritures elles-mêmes, comme des prophéties qu'ils contiennent et dont l'histoire ultérieure démontre l'accomplissement. Cependant une preuve de ce genre ne peut être apportée pour toutes les parties de la sainte Ecriture. Gomment pourrait-on de cette façon établir l'inspiration de l'épitre de Philémon? La foi divine dans l'inspiration des saintes lettres n'est parfaitement fondée que si le témoignage de l'Eglise universelle comme celui de la tradition apostolique est infaillible pour elle. C'est là ce que signifient les paroles de saint Augustin rapportées plus haut, à savoir qu'il ne croirait pas à la sainte Ecriture si l'autorité de l'Eglise ne l'y déterminait. Il ne prétend pas contester la valeur des autres moyens de démonstration, mais seulement leur suffisance. A ce sujet l'évêque africain Junilius rapproche les divers genres de preuves, quand il cite la vérité du contenu, l'ordonnance des matières, l'accord des prescriptions morales, la façon d'écrire simple et pure, la vulgarité des auteurs en comparaison du succès de leur prédication, la conversion des philosophes, l'accomplissement des prophéties contenues dans les livres sacrés, les miracles, la croyance générale qui regarde ces livres comme inspirés3.
1. Ibid. I, 2, 4 : Quamvis singuli suum quendam narrandi ordinem tenuisse videantur, non tamen unusquisque eorum velut alterius praecedentis ignarus voluisse scribere reperitur, vel ignora ta praetermisisse, quae scripsisse alius invenitur : sed sicut unicuique inspiratum est, non superfluam cooperationem sui laboris adjunxit.
2. Epiph. Haer. 48, 4. Hier. Prooera. in Nahum, in Habac, in Jerem. Basil. Prooem. 5. in Is.
3. Junil. Afr. De partibus div. legis II, 29 (Migne LXVIII, 32).
5. Ce n'est pas seulement au texte des saintes Ecritures mais aussi à la traduction de l'Ancien Testament par les Septante 'que beaucoup de Pères étendaient l'inspiration en admettant la légende des Juifs égyptiens. Cette opinion dépourvue de preuves, ne se trouve pas seulement chez saint Cyrille de Jérusalem, mais même chez saint Augustin l .