Cf. Cypr. Ep
contenu1 suprasensible. Dans l'un et l'autre cas, il y a eu souvent moyen de se consacrer à Dieu soit par la foi et la connaissance soit par un autre exercice. Peu à peu ce mot fut spécialement réservé pour une fonction sacrée et mystérieuse, par exemple chez saint Augustin 2 et même avec égard à son aspect extérieur et sensible comme à son aspect suprasensible 3. Ces signes extérieurs doivent marquer ce sens et ce contenu en vertu de quelque analogie 4 ou par le fait que Dieu le leur a attaché. Dieu a en effet réglé même ces fonctions extérieures et religeuses dans l'Ancien comme dans le Nouveau Testament ; il en a fait le signe actif de la grâce et du salut. On peut citer de cela des raisons de convenance qui sont empruntées à la nature de l'homme, à l'essence de la grâce et aux rapports de Dieu et de l'homme. Saint Augustin trouve cette réglementation toute naturelle puisque Dieu dans l'excès de sa miséricorde est pour ainsi dire descendu au niveau de l'homme rattaché à la matière, pour le rendre peu à peu susceptible de recevoir les choses célestes 5. Il faut donc s'attendre alors que pour la plénitude et la perfection de la religion dans le Christianisme les sacrements fussent modifiés et diminués quant au nombre, pour répondre à un état plus élevé, plus spirituel. Ainsi en est-il arrivé 6 réellement. Dans le Christianisme il y a moins de sacrements ; ils sont plus aisés à observer et ils embrassent
1. C'est ainsi que s'exprime saint Chrysostome (In ep. 2 ad Cor. hom. 7. XI, 6) : a Un mystère (/juktt/^cov) consiste à voir une chose et à en croire une autre. Dans le baptême, par exemple, l'incrédule ne voit que de l'eau, mais à côté de ce qui est visible, j'aperçois la purification des âmes. » Firmilien, dans son épître à saint Cyprien (inter. epp. Cypr. 75, 15), appelle l'arche de Noé un sacrement de l'Eglise, c'est-à-dire son signe mystérieux.
2. Sur les autres significations du mot sacramentum chez les Pères cf. : Halm, Die Lehre von den Sacr. p. 6 sqq.
3. Sermo 272 : Ista ideo dicuntur sacramenta, quia in eis aliud videtur, aliud intellegitur. Cf. De cat. rud. 26, 50.
4. Àug. Ep. 98, 9 : Si enim sacramenta quandam similitudinem earum rerum, quarum sacramenta sunt, non haberent, omnino sacramenta non essent.