‹ Histoire des dogmes (volume 3)Chapitre 329 sur 480 · Ep. 54, 1. — 5. De bapt. V · texte numérisé non relu

Ep. 54, 1. — 5. De bapt. V

6. Enarr. in Ps. 73, 2. Sacramenta novi testamenti dant salutem, sacramenta veteris testamenti promisérunt salvatorem.

encore rien à l'époque patristique. Çà et là on nommait bien sacrements les cérémonies extérieures (sacramentaux) établies par l'Eglise, parce qu'elles avaient également une plus haute importance et un côté suprasensible. Cependant on n'y voyait ni institution divine1, ni rapport essentiel au salut de l'âme, aux grâces importantes ou à l'essence de la religion, ni gage infaillible d'une action delà grâce.

2. En ce qui concerne ce dernier point, à savoir que les actions et les signes sacramentaux constituent par euxmêmes, dans le Nouveau Testament, une garantie fournie par Dieu de produire infailliblement la grâce pourvu qu'il ne leur soit pas opposé d'obstacle2 du côté du sujet qui les reçoit, il fut mis en pleine lumière au moins pour le baptême parla controverse surle baptême des hérétiques. Si on voulait en effet tenir pour valide le baptême des hérétiques, on ne le pouvait qu'en supposant que le jbaptême accompli de la manière prescrite par le Christ tirait sa vertu jet son action de lui-même, indépendamment de la foi du ministre. Sur ces points la pratique de l'Eglise précède la théorie nettement reconnue et le fondement scientifique.

Même les premiers décrets des conciles, par exemple ceux d'Arles et de Nicée, envisagent encore plutôt la question à son point de vue pratique, à savoir de quelles sectes hérétiques on pouvait supposer le baptême valide, et ils 'omettent de motiver en détail leur décision.

Saint Augustin le premier donne pour raison du 19e canon de Nicée sur l'invalidité du baptême desPaulianistesqueces hérétiques avaient falsifié la formule du baptême et qu'à cause de cela le baptême qu'ils conféraient était invalide 3.

1. Augustin mentionne bien quelquefois l'institution divine des sacrements (ep. 54, 1. De vera reL 17, 33) et elle doit être indirectement supposée, puisqu'ils doivent contenir et procurer la grâce en vertu de la promesse divine, mais l'idée ne paraît pas encore chez lui exactement fixée qu'il y ait là à marquer une condition essentielle. Cf. Ambr. De sacr. IV, 4.

2. L'expression, obicem opponere se trouve déjà chez Aug. Ep. 98, 9.

3. V. le passage afférent dans De haer. 44 dans Yflist. des dogm. I, 535. (2f éd. al.).

Il combat, en effet, l'opinion qui soutient que la validité du sacrement peut être également compromise par l'hérésie du ministre et par quelque erreur éventuelle sur la Trinité dans un ministre catholique1, alors même queles conditions requises sont observées. Du reste il reconnaît dans cette doctrine et dans la pratique correspondante de l'Eglise un vrai signe de catholicité en ce qu'elle reconnaît partout le vrai et et le bon et ne conteste pas la validité des sacrements là où. on les lui prend, alors qu'on les administre contre sa volonté 2.

L'Eglise suivit longtemps cette doctrine en pratique. Lors du retour des hérétiques et des schismatiques, s'il n'y avait aucun autre [motif d'exception comme pour les Samosatiens formellement exclus par le concile de Nicée, on reconnaissait non seulement leur baptême mais leur ordre. Ce point fut déjà réglé par le concile de Nicée dans son huitième canon relativement aux Novatiens. Le concile d'Alexandrie (362) ordonna d'user de la même douceur par rapport aux évêques semi-ariens ; c'est ainsi également qu'en usèrent saint Augustin 3 et plusieurs conciles du nord de l'Afrique envers les évêques donatistes.

Ces procédés de douceur à l'égard des évêques semi-ariens furent, il est vrai, combattus par quelques évêques, tel que Lucifer de Gagliari, mais vraisemblablement pour des raisons moins dogmatiques que pratiques et rigoristes, puisqu'il demandait une:punition pour le schisme et l'hérésie et qu'il redoutait un amoindrissement de la foi et de la sainteté de l'Eglise si les évêques ariens étaient admis purement et simplement avec leur ordre et leur fonction.

Lucifer n'avait pas seulement en effet donné naissance au schisme mélécien en établissant à Antioche un évêque, Paulin, à côté de Mélèce, mais par son opposition aux décrets du concile d'Alexandrie il en avait encore occasionné au moins un autre, celui des Lucifériens ; car il n'est pas tout à fait sûr, si lui-même ne s'est pas séparé de la communion de l'Eglise,

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