Aurj. de unico bapt. c. Pel. il, \H. — :{. De bapt. I
ou si ses partisans firent ce pas après sa mort seulement1. C'est contre ces schismatiques que saint Jérôme composa son écrit Adversus Luciferianos qui mérite d'être signalé ici tout particulièrement, car l'opinionde la validité du baptême arien y est signalée comme répandue partout dans l'Eglise, les Lucifériens eux-mêmes ne la combattaient pas, quoiqu'ils rejetassent Tordre des Ariens. Saint Jérôme reproche aux Lucifériens cette inconséquence, en leur demandant pour quelle raison on veut combattre la validité de l'ordre, si le baptême des Ariens est valide. Il ne cite qu'un diacre de l'Eglise romaine, nommé Hilaire, qui ait rejeté également le baptême des Ariens; mais n'ayant pu gagner de prêtre, son schisme prit fin avec sa mort 2.
3. La lutte avec les Donatistes mit plus clairement au jour le caractère objectif des sacrements et de leur action. Ils ne prétendaient pas seulement refuser à l'Eglise en général le pouvoir de conférer validement les sacrements parce qu'elle supporte en elle-même les pécheurs publics et que par là elle a perdu le Saint-Esprit, mais même à un pécheur public en particulier, comme au traditeur Félix.
A ce premier point de vue, ils veulent surtout appliquer à l'Eglise dépourvue, à leurs yeux, de sainteté l'idée que saint Gyprien faisait déjà valoir contre les communautés schismatiques et hérétiques, à savoir qu'elles ne possédaient ni ne pouvaient communiquer l'Esprit-Saint dans les sacrements. Mais que l'Eglise eût perdu non seulement la sainteté, mais encore toutes les grâces et tous ses avantages, parce qu'elle supportait dans son sein des pécheurs publics,
1. S. Jérôme donne à Lucifer lui-même le titre de bealus et dit de lui qu'il s'écartait plus en parole qu'en fait de l'Eglise, et qu'il considérait le baptême des Ariens comme valide. Mais il reproche à ses partisans et à ses successeurs un orgueil schismatique. Adv. Lucif. c. 20 (Ed. Vallarsi II, 193 sq.). Sulpice Sévère (11, 46) voit dans Lucifer le fondateur du schisme, comme aussi Nicéphore (10, 17); par contre, Sozomène (H. E. V, 13) rapporte que Lucifer avait refusé par un diacre la promesse de se soumettre au concile d'Alexandrie.
2. Une société religieuse sans prêtre était à cette époque encore une impossibilité.
c'est là ce que le grand évèque de Carthage eût combattu de toutes ses forces. Et même si on avait voulu admettre avec lui quele Saint-Esprit ne pouvait être communiqué quedans le sein de la véritable Eglise, puisqu'il ne l'attribuait qu'à elle, saint Augustin n'admettait pas la conséquence qu'on tirait de là pour l'invalidité des sacrements en dehors de la véritable Eglise, parce qu'on doit distinguer entre la validité des sacrements et leur efficacité. Le baptême peut être conféré validement, sans qu'il produise la rémission des péchés et la communication du Saint-Esprit ', car cet effet peut être obtenu subsidiairement par une conversion sincère 2. Mais il peut aussi se produire dans un baptême qui n'a pas été conféré par un membre de la véritable Eglise. Car les sacrements ne reçoivent point leur force de l'Eglise, mais du Christ, et ce sont les sacrements du Christ autant que les sacrements de l'Eglise, en tant que ceux qui sont en dehors de l'Eglise les ont empruntés à l'Eglise, qui est la seule héritière légitime du Christ et ont gardé la tradition de l'Eglise3. Aussi l'Eglise n'a fait aucune difficulté de reconnaître le baptême et l'ordre des Donatistes, quoiqu'elle voie ses sacrements rejetés parles schismatiques4. Eux-mêmes, les Donatistes, se mettent en outre en contradiction avec leur opinion arbitraire qu'on est souillé par la communio in sacris et sacramentis avec les pécheurs publics, puisqu'il ne manque pas dans leur société de pécheurs publics b.
1. Aug. De bapt. VI, 1 : Non distinguebatur se. a Cypriano sacramentum ah offectu, vel usu sacramenti.